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La guerre

La guerre, qu’est-ce que c’est ?

Cette question vous paraît peut-être simple, voire stupide, mais dans le fond, c’est quoi la guerre ? Dans le dictionnaire, elle est définie comme « un recours à la force armée pour dénouer une situation conflictuelle entre deux ou plusieurs collectivités organisées ». Mais est-ce que la guerre résout ou au contraire aggrave les problèmes ? Ou plutôt, est-ce que le problème ce n’est pas la guerre elle-même ? Ce sont des questions que l’on se pose souvent. Mais qui peut y répondre ?
Chaque soir, nous pouvons voir au journal télévisé des guerres, des attentats, des blessés, des morts… Mais au bout d’un certain temps, tout cela nous paraît presque « banal ». Mais qu’y a-t-il de banal ? Des millions de vies ont été ou sont détruites à cause de cet horrible mot « guerre ». Pourquoi personne ne peut rien y faire ?

Les causes de la guerre

Quand le dictionnaire emploie le mot « situation conflictuelle », cela signifie «problème ». Le problème peut être d’ordre politique, économique ou religieux.
Une guerre politique ou économique, c’est un conflit où les enjeux de l’argent et du pouvoir se font fortement ressentir. Ce fut le cas de la Guerre du Golfe qui débuta en août 1990 et se termina en février 1991. Une guerre religieuse, c’est en d’autres termes une guerre sainte. Une guerre sainte, c’est une guerre lancée au nom d’un dieu ou au nom de croyances.

La guerre, à quoi ça sert ?

La plupart du temps, la guerre ne sert à rien. Elle ne sert qu’à rendre des êtres humains malheureux, à faire des millions de morts et à détruire des milliers de vies.
Pourtant, certaines guerres ont été menées pour défendre des causes justes. Par exemple, la guerre de Sécession qui a débuté en 1861 et s’est achevée en 1865 aux Etats-Unis. Grâce aux Nordistes qui luttaient pour l’abolition, cette guerre a libéré 4 millions de Noirs soumis à l’esclavage aux U.S.A. Mais en termes de destruction et de pertes humaines, la guerre de Sécession a été la plus coûteuse de l’histoire du peuple américain. De plus, le racisme qui avait justifié l’esclavage dans le Sud pendant plus de 300 ans, n’a malheureusement pas disparu avec la guerre.
La guerre restera l’un des pires souvenirs de cette Terre, mais il faut aussi se dire que c’est avec le passé que se construit l’avenir…

Ariana

 

La 1ère Guerre mondiale

En 1914, l’Europe est divisée en deux camps :

- la Triplice, qui comprend l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche-Hongrie ;
- la Triple-Entente, dont font partie la France, l’Angleterre et la Russie.

Les relations entre l’Allemagne et la France sont très tendues, principalement à cause de l’Alsace et de la Lorraine, deux provinces françaises que l’Allemagne occupe depuis la guerre de 1870. Les colonies et le partage de l’Afrique entre les différents pays européens sont également sources de conflits. La paix en Europe est donc très précaire. Il ne manque qu’une petite étincelle pour mettre le feu aux poudres et déclencher la guerre.
Cette étincelle va se produire le 28 juin 1914, sous la forme de l’assassinat par un citoyen serbe de l’héritier de l’empereur d’Autriche-Hongrie. Le 28 juillet, celle-ci déclare la guerre à la Serbie. La Russie, étant l’alliée de cette dernière, répond à l’Autriche-Hongrie par une déclaration de guerre. Puis, le système des alliances se mettant en marche, l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Italie entrent en guerre à leur tour. Bientôt, toute l’Europe se retrouve impliquée.
À partir de ce moment-là, tous les hommes valides de plus de 18 ans sont mobilisés et envoyés au front*. Toutefois, certains jeunes garçons de 15 ans à peine parviennent à s’engager.
Au front, les conditions sont particulièrement horribles. Les fantassins* sont en 1ère ligne, suivis des artilleurs*. Les avions n’existent que depuis une dizaine d’années et pourtant, l’armée de l’air a presque autant d’importance que la marine.
Dans les tranchées*, la vie est atroce. Il est faux de penser que les soldats subissent

des attaques constantes. Ils passent le plus clair de leur temps à nettoyer leurs armes, jouer aux cartes ou écrire à leurs familles, mais même pendant les périodes de calme, la pluie qui transforme la tranchée en un océan de boue gluante, les rats qui transmettent des maladies et mangent les provisions, et la présence obsédante de l’ennemi à moins de 100 mètres rendent la vie pénible.
Mais pendant les attaques, les obus et les grenades tombent sans discontinuer, les gaz toxiques -employés bien qu’ils soient interdits- asphyxient les soldats, qui ne disposent, pour les combats rapprochés, que de fusils et de baïonnettes*. Parfois, lorsque la tranchée est sous le feu de l’ennemi, les soldats ne peuvent en bouger pendant plusieurs jours, et les blessés ne peuvent être soignés. Les soldats continuent alors à se battre, au milieu des corps jonchant le sol.
Mais ils ne sont pas les seuls à souffrir. La guerre a aussi bouleversé la vie des civils. Tous les hommes sont partis à la guerre, les femmes doivent donc les remplacer aux champs ou à l’usine. Il faut continuer à produire, car la guerre coûte cher. Il faut fabriquer des obus, des armes et du pain pour nourrir les soldats. Même à l’école, les enfants cousent des vêtements pour eux.
En 1915, beaucoup de champs et d’habitations ont été détruits et les gens sont de plus en plus pauvres. La faim commence à se faire sentir. Dans presque toutes les familles, on pleure un père, un frère ou un mari.
Cette année-là, l’Italie change de camp, abandonnant l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, mais cela ne suffit pas à mettre un terme à la guerre. 1916 et 1917 passent, chaque jour apportant ses nouvelles batailles et ses nouvelles victimes, sans qu’un pays ou l’autre ne puisse se déclarer vainqueur.
Cependant, en octobre 1917, la révolution éclate en Russie. Le tsar* est renversé et les révolutionnaires réclament l’armistice* à l’Allemagne, reconnaissant par là être vaincus. C’est une grande victoire pour l’Allemagne, qui peut désormais concentrer ses forces sur le front Ouest. Au printemps 1918, l’armée allemande est à quelques dizaines de kilomètres de Paris. Les Américains viennent alors en aide aux Français et dès juillet, les allemands commencent à reculer.

L’Allemagne est au bord de l’effondrement ; le peuple est épuisé et souffre de la famine. En novembre, il se révolte et renverse l’empereur Guillaume, obligé de fuir. Le 11 novembre, les chefs militaires allemands sont forcés de signer la paix, marquant la fin de ce qu’on appellera désormais la Grande Guerre et qui, en seulement quatre ans, aura fait 9 millions de morts et 18 millions de blessés, rien que parmi les soldats.

La seconde Guerre mondiale

En 1933 en Allemagne, un certain Adolf Hitler, du parti Nazi (c’est-à-dire National Socialiste) est nommé chancelier* et obtient les pleins pouvoirs. Il a mis au point un programme politique prônant le racisme et l’antisémitisme* visant à purifier la race allemande. Son but est également de réunir tous les peuples d’Europe centrale en un seul état allemand. Entre 1933 et 1938, de nombreuses lois anti-juives font leur apparition. Les Juifs n’ont plus le droit de travailler comme fonctionnaires ou avocats, d’aller à l’université ou d’épouser des non-juifs. Ils sont accusés de tous les maux et rejetés par le peuple allemand. Une grande partie d’entre eux émigrent en Pologne, plusieurs centaines se suicident.
En 1939, Hitler a déjà rattaché l’Autriche et la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. Le 1er septembre, l’armée allemande envahit la Pologne. Le 3, l’Angleterre et la France, alliés de la Pologne, déclarent la guerre à l’Allemagne. C’est le début d’un conflit qui opposera les puissances alliées (Pologne, Grande-Bretagne, France, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique, Yougoslavie, Grèce, URSS, USA et Chine) aux puissances de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon) et causera des millions de morts.
Entre 1939 et 1942, tant grâce à la puissance de son infanterie* que de celle de la marine et de la Luftwaffe*, l’armée allemande ne cesse d’avancer, malgré l’opposition de ses ennemis.
En avril-mai 1940, elle parvient à envahir le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique et la France. Puis, en 1941, la Yougoslavie et la Grèce sont à leur tour envahies. Dans les pays occupés, la Résistance s’organise, les gens continuent à travailler, à se battre comme ils peuvent. Tout le monde participe à l’effort de guerre. En Italie, une partie de l’armée se retourne contre Mussolini et l’Allemagne, et en décembre, les Etats-Unis entrent en guerre après que les Japonais ont bombardé Pearl Harbor.
En 1942, Hitler décide d’apporter une « solution finale » au problème juif. Ceux-ci, qui, dès le début de la guerre ont dû porter l’étoile jaune et vivre dans des ghettos*, seront désormais déportés dans des camps d’extermination, comme par exemple à Auschwitz. Ils arrivent là en train, par centaines. À leur arrivée, ils sont séparés en trois groupes : les plus robustes sont rasés, tatoués et destinés à accomplir des travaux pénibles jusqu’à en mourir d’épuisement. Quelques- uns sont choisis pour servir de cobayes à des expériences médicales effectuées sans anesthésies qui se terminent invariablement par la mort du « patient », souvent après d’atroces souffrances. Les autres, la majorité, sont directement conduits aux « douches », les chambres à gaz, où ils sont tués. Les corps sont ensuite brûlés dans des fours crématoires*. On estime qu’en 1944, 12'000 juifs étaient tués chaque jour à Auschwitz. En tout, environ 6 millions de Juifs périrent dans des camps entre 1942 et 1945.
À partir de 1943, l’Allemagne commence à faiblir. La tentative d’invasion de la Russie s’est soldée par un échec et a causé énormément de pertes à l’armée allemande. Le 6 juin 1944, les alliés débarquent en Normandie. Les allemands, pris entre les Anglais et les Américains, ne peuvent que reculer. Le 30 avril 1945, voyant que tout est perdu, Hitler se suicide. Le 7 mai, l’Allemagne capitule, après presque six années de guerre.

Sara & Neil

 

Glossaire

Antisémitisme : attitude hostile aux Juifs.

Armistice : convention conclue entre des belligérants afin de suspendre les hostilités.

Artillerie : matériel de guerre comprenant les canons, obusiers, etc.

Artilleurs : militaires appartenant à l’artillerie.

Baïonnette : arme pointue qui se met au bout d’un fusil de guerre.

Front : la ligne des positions occupées face à l’ennemi, la zone des batailles (opposé à l’arrière).

Fantassin : soldat d’infanterie.

Infanterie : l’armée qui est chargée de la conquête et de l’occupation du terrain.

Tsar : nom donné aux anciens empereurs de la Russie (et aux anciens souverains serbes et bulgares).

Tranchée : fossé long et étroit creusé à proximité des lignes ennemies, où les soldats sont couverts.

Chancelier : en Allemagne, premier ministre.

Luftwaffe : armée de l’air allemande.

Ghetto : quartier pauvre où les Juifs étaient contraints de résider, séparés du reste de la population.

Four crématoire : où l’on brûle les corps des morts.

Témoignages

Un des conflits les plus marquants de nos jours est aussi le plus médiatisé. Nous parlons bien sûr de la guerre qui sévit encore actuellement en Irak.

« Cette guerre me touche particulièrement car je la vis, puisqu’on en parle beaucoup à la radio et à la télévision », témoigne cette élève de 9ème année ; c’est aussi l’avis d’un grand nombre de jeunes à notre époque.

Il y a bien entendu eu d’autres guerres à travers les époques et notamment au 20ème siècle où les guerres se sont multipliées. Nous avons recueilli plusieurs témoignages très différents les uns des autres. Le premier est celui d’une grand-mère, Rita, qui vivait au Danemark pendant la deuxième guerre mondiale. Le deuxième est celui d’une jeune fille de notre époque qui a vécu la guerre au Kosovo et qui réside aujourd’hui en France.

Un témoignage de la 2ème Guerre Mondiale

Comment vit-on une guerre lorsqu’on est jeune ? Qu’est-ce qui change ? Quelles en sont les conséquences ? Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons interviewé Rita, adolescente danoise pendant la deuxième guerre mondiale.


Quelle était votre situation quand la guerre a éclaté ?

Rita : J’avais 15 ans lorsque la guerre a débuté. Je vivais à Thisted, une petite ville de 10'000 habitants dans le nord du Danemark.


Avez-vous eu peur lorsque la guerre a éclaté ?

R : Non. J’étais jeune et je ne me rendais pas bien compte de ce qui arrivait. Plus tard, lorsque les Allemands ont envahi le Danemark six mois après, alors oui, j’ai eu peur. Parce qu’on ne savait pas du tout ce qui pouvait nous arriver.


En quoi est-ce que la guerre changeait votre vie de tous les jours ?

R : Eh bien, les Allemands avaient pris le pouvoir et décidaient de tout. Je me souviens qu’il y avait le couvre-feu à partir de vingt heures. On n’avait plus le droit de sortir dans la rue et aucune lumière ne devait filtrer à l’extérieur. Nous n’avions pratiquement plus d’électricité ni d’eau chaude, ce qui fait que nous avions tous un fourneau à bois pour chauffer et faire la cuisine. Nous continuions néanmoins à vivre à peu près normalement. Il ne faut pas oublier que nous étions jeunes, et les jeunes trouvent toujours le moyen de s’amuser. Malgré la guerre, nous n’étions pas vraiment malheureux.


Y avait-il du rationnement ou des choses qui manquaient ?

R : Comme toute l’Europe était en guerre, on ne pouvait rien importer des autres pays. Nous devions nous contenter de ce qu’on pouvait produire au Danemark. Nous vivions essentiellement de pommes de terre. Sinon, nous avions des carottes, du persil, des pommes et des poires en été. La viande était rationnée et bien que nous vivions au bord de la mer, le poisson n’était pas toujours facile à obtenir, car de moins en moins de pêcheurs osaient sortir en mer, tant il y avait de mines. Je me rappelle qu’une fois, deux bateaux ont sauté la même nuit et huit pêcheurs sont morts.
A part ça, nous ne pouvions pas avoir d’agrumes, de café ou de riz. Nous n’avions pas non plus d’essence et les quelques voitures qu’il y avait à l’époque sont restées six ans à rouiller au garage. Seuls les camions avaient le droit de rouler. Étant donné qu’il n’y avait plus d’essence, ils se sont rabattus sur des sortes de moteurs à gaz. Certains camions roulaient même à la vapeur ! C’était assez drôle de les voir passer, avec leurs cheminées à l’arrière. Une autre chose importante qui manquait étaient les vêtements. Les usines ne recevaient plus de coton, elles fabriquaient d’horribles vêtements en fibre de bois, très désagréables à porter et très peu pratiques, mais au moins c’était solide. Le cuir manquait également et pour finir, nous avions des chaussures faites en peau de carrelet [variété de poisson]! Elles sentaient très mauvais et souvent se décomposaient si nous marchions sous la pluie.


La guerre a-t-elle modifié votre scolarité ?

R : Pas vraiment, car j’avais juste terminé ma dernière année de scolarité obligatoire quand les Allemands sont arrivés. Mais je vivais dans une petite ville où il n’y avait pas de collège ni rien de semblable et où l’on n’avait aucune chance de faire de hautes études. Et il faut bien voir que pendant la guerre, les parents n’osaient pas envoyer leurs enfants de 16 ans dans d’autres villes pour étudier. C’est ce qui était un peu dommage pour nous, les jeunes des petites villes. Nous n’avons pas eu la chance de faire des études. De toute façon, il était très difficile de voyager, car la Résistance avait fait sauter pratiquement toutes les voies ferrées du pays et les trains ne circulaient pas.


Est-ce que vous côtoyiez les soldats allemands ?

R : Non, on les évitait le plus possible. Les jeunes filles surtout devaient rester à l’écart. Mais il y en avait quelques-unes qui sortaient avec eux, celles qui n’avaient pas de petit ami danois. C’était très mal vu et à la fin de la guerre, on a emmené toutes les filles qui avaient flirté avec des soldats allemands derrière l’école et on leur a rasé la tête, si bien qu’elles ont dû porter un foulard pendant les mois suivants, et on les reconnaissait de cette façon. C’était affreux pour elles. Il faut les comprendre, les Allemands étaient pour la plupart de beaux jeunes gens avec des dents très blanches. Toutefois, j’avais une amie, Hanna, qui était tombée follement amoureuse d’un soldat allemand, au grand désespoir de ses parents. Elle est tombée enceinte et finalement ils sont partis en Allemagne et se sont mariés.


Pouviez-vous envoyer des lettres ?

R : Non. Au début de la guerre, c’était impossible. Puis la Croix-Rouge a fait en sorte qu’on puisse envoyer des lettres de dix mots à l’étranger. Mais que peut-on dire en dix mots ? Rien ou presque. Les lettres prenaient des mois pour arriver et étaient censurées. Les journaux et la radio étaient également censurés et contrôlés par les Allemands.


Connaissiez-vous des gens juifs ?

R : Non. Je dois avouer qu’à l’époque, c’est à peine si je savais ce qu’était un juif. Nous connaissions bien une famille Rosenberg, mais ils n’ont jamais été inquiétés par les Allemands, bien que Rosenberg soit un nom très juif. Par ailleurs, il n’y a que très peu de juifs du Danemark qui ont été déportés, car on a pu les cacher et les faire passer en Suède, qui n’était pas en Guerre.

Comment s’est passé la fin de la guerre ?

R : Les derniers mois de la guerre ont été les plus durs. L’alarme anti-aérienne sonnait chaque nuit et on devait se réfugier à la cave. On entendait passer les avions anglais au-dessus de nous et ils lâchaient quelque fois des bombes sur le camp allemand juste à côté de la ville. Je les entendais exploser et je me demandais toujours si la prochaine n’allait pas nous tomber dessus.
Puis, un soir, le 4 mai 1945 - j’avais alors 21 ans - alors que nous écoutions comme chaque soir la radio anglaise que nous parvenions à capter, nous avons entendu que les troupes allemandes en Belgique, en Hollande, au Danemark et dans les pays voisins s’étaient rendues. Aussitôt ça a été une gigantesque explosion de joie. Malgré le couvre-feu, les gens sont sortis dans la rue et ont allumé toutes les lampes qu’ils pouvaient trouver. Tout le monde riait, s’embrassait et certains sortirent une bouteille de vin ou un peu de vrai café qu’ils avaient gardé pour l’occasion. Les Allemands n’avaient plus rien à dire. Puis, dans les jours suivants, ils ont commencé à rentrer chez eux. Ils faisaient peine à voir. Imaginez une troupe d’hommes portant des vêtements usés, mal chaussés, démoralisés et vaincus. Ils sont rentrés en Allemagne à pied ! C’était presque triste. Après tout, ils n’avaient pas tous voulu la guerre, et c’étaient des êtres humains comme les autres.

Un témoignage de la guerre du Kosovo

Une jeune fille de 13 ans qui a fui son pays, le Kosovo, à cause de la guerre témoigne. Elle est venue s’installer en France avec ses parents quand elle avait 6-7 ans.


Quels souvenirs gardes-tu de la guerre dans ton pays ?

Je ne me souviens pas de tout en détails mais certaines choses m’ont quand même beaucoup marquée. Ce n’est pas de savoir que des gens mouraient, j’étais trop petite pour comprendre, mais de passer d’un mode de vie normal au mode de vie qu’on adopte pendant la guerre. Tout a beaucoup changé et je ne comprenais pas vraiment pourquoi au début.


Qu’est-ce qui a été le plus dur à vivre pendant la période où tu as vécu la guerre ?

Le bouleversement dans la vie de tous les jours a été dur au début. Quand nous avons quitté le pays pour venir vivre en Suisse, nous étions heureux, mais nous avons dû quitter des gens que nous connaissions, tout ce qu’on m’avait appris depuis que j’étais petite était remis en question, car un changement de pays, c’est un changement de vie. Apprendre la nouvelle langue et découvrir une nouvelle culture, ce n’est pas comme changer de quartier !
Tout ça , même si ça a été dur, ce n’est rien comparé à ce que nous vivions dans le pays : voir des gens souffrir, ça m’a fait souffrir…

Était-il facile de se procurer de la nourriture et de l’eau ?

Moi, je mangeais toujours ce qu’il me fallait, j’avais toujours le nécessaire, mais je sais que ça n’a pas été le cas pour tous les enfants… Mes parents ont fait de gros efforts, car j’étais jeune et j’avais besoin de manger à ma faim et équilibré ; ils se sont donc privés pour moi.


Et quant à l’électricité, les transports et l’école ?

Il nous arrivait d’avoir des coupures d’électricité. Quant aux transports, je ne sais pas, je ne me souviens pas. Et l’école, il m’arrivait de ne pas y aller parfois, et le rythme de travail était plus lent. En fait, on y allait toujours, mais ce n’était plus comme avant.


Est-ce qu’il t’arrive de repenser à ce temps-là ?

J’essaie de ne pas trop y repenser, malheureusement, il y a toujours des choses qui me le rappellent… Par exemple, quand on parle de guerre à la télé, tout de suite, je me souviens. J’ai perdu des gens que j’aimais, mon oncle par exemple : nous étions proches et maintenant je repense à lui, le jour de son anniversaire ou de Noël, par exemple. Mais la plupart du temps, j’essaie d’éviter ces souvenirs.


Est-ce que tu as l’impression que la guerre que tu as vécue a un impact sur ta vision des autres guerres aujourd’hui ?

Dans un sens, je pense que oui. J’ai vécu ces moments, donc quand on parle de la guerre, je peux mieux comprendre ce que les gens ressentent ou essaient d’exprimer. Par contre, avoir vécu ces moments et perdu des gens que j’aimais ne m’aide pas à comprendre pourquoi cela était nécessaire, pourquoi est-ce qu’on fait la guerre et pourquoi des gens peuvent en arriver à tuer d’autres pour défendre leurs idées…


Est-ce qu’il t’arrive de retourner dans ton pays ?

Nous n’y sommes jamais retournés mais nous en parlons. Moi, je ne veux pas, je ne vois pas l’utilité de retourner dans un endroit où on a tous souffert…


Est-ce que tu penses que d’avoir vécu la guerre t’a aidée à grandir plus vite, à mieux comprendre certaines choses ?

Je pense que oui. Les gens qui n’ont jamais connu la guerre ne peuvent sûrement pas aussi bien appréhender ce qu’on ressent dans ces moments. Quant à moi, je préférerais ne pas comprendre… C’est parfois dur à gérer ces souvenirs, car j’ai vu des choses que j’aurais préféré ne pas voir. J’ai tout de même de la chance, car mes parents ont essayé de me cacher la vérité le plus longtemps possible. Ils estimaient que je n’avais pas à être confrontée à ces choses si jeune et qu’il fallait attendre pour m’en parler.

Sara & Laetitia C.$

Dépouillement du sondage sur la guerre

Nous avons interrogé 57 élèves du Collège des Coudriers (31 filles et 26 garçons, tous degrés confondus) à propos de la guerre dans le monde.

Nous leur avons d’abord demandé s’ils se sentaient concernés par la guerre en général. Ils ont répondu « oui » à seulement 23 % et « non » à 72 %. Cela nous a surpris, car au sein de notre rédaction, nous considérions que c’était un thème important. Cependant, il est vrai que rares sont les élèves qui ont vécu la guerre ; ceux-ci ont peut-être du mal à réaliser ce que cela représente. Vous constaterez que seuls 95% d’élèves ont répondu au sondage ; en effet il demeure encore 5% de personnes qui n’ont pas d’opinion…

Nous leur avons ensuite demandé quelle était la guerre qui les touchait particulièrement. La guerre qui a obtenu le plus de suffrages est la guerre en Irak qui a récolté 25 % des voix.
La guerre en Irak est celle qui touche le plus les jeunes d’aujourd’hui, car les médias en parlent quotidiennement.

Voici quelques guerres citées par les élèves :

Étais-tu pour ou contre l’intervention des USA en Irak ?

Les résultats sont éloquents : les jeunes désapprouvent majoritairement l’intervention américaine en Irak. A ce propos, en mars 2003, des jeunes de Genève sont allés manifester de la Place Neuve à la Place des Nations contre la déclaration de guerre des U.S.A à l’Irak.

Serais-tu prêt/e à te battre pour ton pays ?

Conclusion

Quelle que soit l’époque, une guerre apporte toujours son lot de tristesse et de drames. Même si les techniques ont évolué, la guerre reste toujours la même : on tue des gens, innocents ou pas, enfants ou vieillards, hommes ou femmes, pour défendre un idéal souvent politique, religieux ou économique ou en raison de la folie de certains dirigeants. C’est à notre génération de tirer un enseignement de ce que nous entendons ou voyons autour de nous et de lutter, de faire tout ce que nous pouvons pour qu’une troisième guerre mondiale n’ait jamais lieu.

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