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Un téléjournal, trente minutes, un présentateur, des invités, des reporters, une dizaine de personnes en régie, et une journée de travail! Le 19:30 attire tous les jours des milliers de téléspectateurs, mais que se passe-t-il derrière le petit écran ?

 

Journal : Comment trouvez-vous les sujets et comment vous procurez-vous les informations et les images ?

D. Rochebin : On reçoit chaque jour des nouvelles du monde entier de journalistes qui travaillent pour des bureaux auxquels nous sommes abonnés.


Journal : Pouvez-vous choisir les sujets du TJ, vous les impose-t-on ?

D. Rochebin : On peut les choisir très librement, le seul but est l’intérêt des téléspectateurs, c’est la seule obligation.


Journal : Y a-t-il des sujets censurés ?

D. Rochebin : Non, il n’y a pas de sujets censurés. Mais évidemment, s’il y a une grande violence, nous savons que nous ne pourrons pas montrer les images, car cela pourrait choquer les téléspectateurs.


Journal : Comment se passe la préparation du TJ et combien de personnes y travaillent ?

D. Rochebin : Il y a 70 journalistes au siège, à Genève, et 70 journalistes dans les régions. On commence à 9 heures le matin et il faut une journée entière pour faire un TJ de 28 minutes.


Journal : Préparez-vous le texte seul ?

D. Rochebin : Oui, le journaliste qui présente prépare lui-même son texte, il le tape dans l’ordinateur, et celui-ci passe dans ce qu’on appelle un prompteur, c'est-à-dire un miroir qui est devant la caméra.


Journal : Comment marche le Duplex ?

D. Rochebin : C’est une liaison par satellite ; on achète quelques minutes de ligne satellite entre Genève et le lieu du Duplex.
Journal : Cela arrive-t-il souvent qu’un présentateur du TJ parte comme envoyé spécial ?

D. Rochebin : Non, c’est assez rare, puisque nous avons des reporters qui font ça à l’année, mais cela peut arriver, si on décentralise tout un journal.


Journal : Depuis quand y a-t-il un téléprompteur ?

D. Rochebin : C’est une invention américaine qui est venue en Europe il y a plus de vingt ans en tout cas.


Journal : Comment marche le téléprompteur ?

D. Rochebin : C’est tout simple, c’est une glace sans tain, c'est-à-dire que le présentateur peut regarder dans l’œil de la caméra sans que la caméra filme le texte, et, avec une pédale qui est cachée sous le bureau, le présentateur fait avancer le texte pour lire. S’il y a une panne, ce n’est pas très grave, puisqu’on a des feuilles de secours où il y le même texte que sur le prompteur.


Journal : Êtes-vous obligés de vous habiller en costume et cravate ?

D. Rochebin : Oui, parce que c’est une sorte de convention, comme ça on est toujours habillés de la même façon, un peu comme un médecin a une blouse blanche, ou un avocat une robe d’avocat.


Journal : Étiez-vous stressé pour votre premier TJ ?

D. Rochebin : Pour mon premier TJ, oui, j’étais stressé, bien sûr ; on est toujours un peu stressé, parce que c’est quand même du direct, donc on ne peut pas trop se tromper! On ne peut pas couper, alors que dans d’autres émissions, on peut couper des parties ; par contre, si on bafouille en direct, ça passe comme ça.

Propos recueillis par Stefan Gisselbaek

Remerciements à M. Darius Rochebin qui a répondu avec enthousiasme à toutes nos questions et à Christina qui nous a prêté le matériel technique.

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