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Spécial adolescence (2)

 

Depuis toujours, la violence fait partie intégrante de l'homme. Déjà, à l'état animal, il faisait usage de la violence et cela a continué jusqu'à aujourd'hui. Mais, depuis le développement des médias, on l'utilise comme une espèce d'attraction. En effet, dès qu'on ouvre un journal ou qu'on allume un poste de télévision, on entend toujours parler de terrorisme, de guerres ou de disputes qui dégénèrent. Les médias utilisent la violence pour vendre plus et, même si nous savons cela, nous ne pouvons nous empêcher d'acheter le journal lorsque, sur une manchette, nous voyons écrit en gros : " Un homme s'interpose dans une dispute et finit à l'hôpital, grièvement blessé ". Nous voulons plus de détails et, pour satisfaire ce besoin, achetons le journal. Savoir que X ou Y est tombé dans le coma à la suite d'une dispute ne nous regarde absolument pas ; cependant, c'est bien cela qui nous intéresse. On trouve chez l'homme un côté voyeuriste, une obstination à vouloir savoir des choses qui ne le concernent aucunement. De plus, il faut avouer que des informations comme celles-ci nous divertissent. En lisant l'article, nous serons peut-être choqués ou compatissants, mais une fois le journal refermé, nous oublierons qu'il y a une personne dans le coma, et retrouverons nos petits problèmes après nous être un peu divertis. A l'école, c'est pareil : lorsqu'il y a une dispute, nous la vivons comme un spectacle, comme si c'était un match de boxe. Souvent, les gens ont tendance à mettre tous les genres de violence dans le même sac, à dire que tel événement est plus grave que celui-ci. Néanmoins, ils ont tort, car tel genre de violence n'est pas vraiment comparable à tel autre, même si toutes les violences sont liées entre elles.

La violence se divise en plusieurs types :

- la violence interpersonnelle : c'est une violence infligée par une ou plusieurs personnes à un autre individu ou groupe. On peut trouver la violence interpersonnelle sous plusieurs formes allant de la violence sexuelle, physique ou psychologique au manque de soins. - la violence contre soi-même : autrement dit le suicide ou l'automutilation. - la violence collective : cet ensemble comprend principalement les guerres - que ce soit afin de parvenir à des objectifs politiques, économiques ou sociaux - ainsi que le terrorisme ou autres organisations criminelles.

Exclusions, menaces, humiliations, insultes assénées à longueur de temps sur un camarade ne sont pas comparables à une guerre ayant fait plusieurs millions de morts. Pourtant les moqueries peuvent avoir un effet dévastateur sur la personne qui les subit et lui laisser des traumatismes importants ou engendrer de graves conséquences.

Prenons pour exemple l'école de Columbine dans le Colorado aux États-Unis, où, le 20 avril 1999, deux adolescents ont tué douze étudiants et un enseignant ainsi que blessé 23 autres élèves avant de se donner la mort. On pourrait se dire que ces adolescents étaient fous, mais en réalité ils étaient exclus et rejetés par leurs camarades d'école qui les insultaient fréquemment et se moquaient de leur façon de s'habiller. Par la suite, cela a traumatisé ces garçons jusqu'à provoquer en eux une folie meurtrière aboutissant au suicide.

Étant donné qu'il est complexe de faire un compte rendu général sur la violence, nous avons décidé de nous pencher sur le problème auquel nous sommes le plus confrontés ; la violence à l'école. Les bastons sont une source d'excitation et elle nous change du train-train habituel. Mais quand on cherche les raisons de celles-ci, nous sommes souvent surpris d'en découvrir la cause. Cela peut être vraiment pour des choses banales telles qu'une bousculade, un mot mal placé ou un désaccord. Eh oui, juste parce que nous n'avons pas la même vision des choses ou des goûts différents… " paf… un poing dans la face…" ! Il faut aussi savoir que la plupart des personnes qui ont un comportement violent cherchent à être ainsi reconnues par les autres. Les jeunes ont souvent besoin de se faire reconnaître par le reste de leur bande en tapant sur quelqu'un d'un autre groupe. Ils pensent ainsi se faire adopter. L'adolescence est une période où les jeunes s'éloignent de leur famille et trouvent en leur bande

une sorte de famille. Ceux qui ont de la peine à s'intégrer n'ont donc plus de lieux où se sentir bien et exister. Ils utiliseront alors la violence pour se faire adopter par un groupe. Ce n'est, bien sûr, pas toujours dû à cela ; ce peut être parce qu'on a insulté un de tes proches ou un membre de ton groupe ou parce que tu penses que ceux qui sont différents de toi sont des zarbis et qu'il faut les taper. Il est vrai que beaucoup de conflits sont déclenchés du fait que toi t'es gothique et moi racaille, que toi t'écoutes du Hardcore et moi du R'n'B... On ne peut pas vraiment expliquer pourquoi telle personne démarre au quart de tour parce que tu l'as bousculée en montant dans le bus, mais je pense que c'est souvent dû soit à un problème personnel (un manque d'affection/d'attention, des parents qui te frappent, etc.), soit, tout simplement parce que la personne en question traverse une période difficile, et l'adolescence est connue pour l'être. L'adolescence est un moment durant lequel on se cherche, on se découvre et on se sent vulnérable. Certains ados voient la violence comme le seul moyen de se sentir moins vulnérables, face à eux-mêmes, mais surtout face aux autres. Lorsqu'on en vient à utiliser la violence, une aide peut intervenir, mais il est souvent très difficile d'accepter cette aide, car en le faisant, on accepte, en quelque sorte, le fait de ne pas arriver à s'en sortir tout seul. Se confier à quelqu'un revient à accroître notre vulnérabilité.

Noélie et Marie

Merci à M. Froidevaux, sociologue, pour le temps qu'il nous a consacré et pour les informations qu'il nous a fournies.

 

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