Le journal des Coudriers
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Le métier de libraire

Marie-Christophe Ruata-Arn nous a raconté la gestation (l'écriture) et la naissance (la publication) d'un livre. Voyons maintenant comment il fait ses premiers pas dans le monde grâce au travail de libraires passionnés. Nous en avons rencontré trois au " Chien Bleu ", une librairie pour la jeunesse située à la route de Frontenex, dans le quartier des Eaux-Vives. C'est là que Maria Jimenez, Catherine Yersin et Christine Geneux nous ont accueillies à l'occasion d'un goûter-dédicace consacré au roman de Marie-Christophe. Dans leur caverne d'Ali-Baba où flottaient des odeurs de gâteau, elles ont accepté de répondre à nos questions sur le métier de libraire.

Quel a été votre parcours avant de devenir libraire ?

Maria Jimenez: J'ai travaillé pendant vingt ans dans une école, je m'occupais beaucoup de l'administration, mais aussi des enfants.
Catherine Yersin: Eh bien moi, j'ai toujours été libraire ! Après le cycle, j'ai fait un apprentissage de libraire, je suis devenue libraire, j'ai travaillé dans des bibliothèques. Ce métier, c'est mon choix de départ.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans une librairie spécialisée dans la littérature pour la jeunesse ?

M. J. : Disons que les enfants, je connais, les livres, j'adore, alors je me suis dit : enfants + livres = librairie jeunesse. Je trouve extrêmement important que les enfants aiment lire, parce que je pense que c'est une super arme pour leur vie. C'est très important de donner le goût de la lecture aux plus jeunes et que ça commence tout petit.
C. Y. : J'étais une très grande lectrice et au cycle où j'étais, il y avait une bibliothécaire que j'aimais beaucoup et qui m'a donné le goût de la lecture. Elle m'a dit : " Ben, tu devrais bosser dans les livres ! " Et elle m'a donné le nom de plusieurs petites librairies, puis je me suis débrouillée toute seule. Après, je me suis spécialisée, parce que j'adore les enfants (à côté, je travaille dans une école) et les livres illustrés.

Quelle compétence faut-il pour devenir libraire ?

M. J. : Il faut d'abord aimer les enfants (pour la librairie jeunesse) et, bien sûr, aimer lire. Ensuite, avoir une bonne mémoire, le sens de l'organisation et bien d'autres choses…
C. Y. : Ce qu'il faut aussi, c'est aimer parler avec les gens, parce qu'on est tout le temps en contact avec eux.

Quel est le genre de livres que vos clients préfèrent ?

M. J. : Il n'y a pas un genre préféré, parce que les clients sont variés. Un adolescent va plutôt se tourner vers le roman fantastique. Alors qu'une adolescente va privilégier un roman d'aventures ou bien un livre sur un sujet de société qui la touche directement. Quant aux mamans, elles choisissent des livres tout à fait différents pour leurs bébés.
C. Y. : Pour les petits, ce qu'on vend habituellement ce sont les albums, c'est-à-dire une fiction comme dans un roman, mais qui est illustrée. Les gens apprécient les belles illustrations.

Quelle tranche d'âge est la plus représentée dans votre clientèle ?

M. J. : Les gens qui achètent le plus de livres ont entre trente et quarante ans, mais ils les achètent pour leurs enfants.
C. Y. : Moi, je dirais plutôt les petits, jusqu'à six ou sept ans.

Y a-t-il des livres qui ne marchent pas ?

M. J. : Oui, bien sûr, il y en a. Dans les librairies, il y a un système avec les distributeurs. On a ce qu'on appelle des " nouveautés ", comme Secret de famille : si on ne les vend pas, on peut les rendre. Le distributeur qui est derrière l'éditeur reprend les livres. Mais c'est uniquement avec les nouveautés.
C. Y. : Si ce n'est pas des nouveautés, on doit les garder.

Est-ce que vous choisissez les livres que vous allez proposer dans votre librairie, ou êtes-vous obligées d'en accepter certains ?

M. J. : Oui, bien sûr qu'on choisit, parce qu'il y en a des centaines et des centaines qui sont publiés chaque mois. Nous rencontrons un représentant qui nous propose une série de livres regroupés par maison d'édition et nous choisissons.
C. Y. : En fait, l'éditeur vend son livre au distributeur et le distributeur le vend au libraire. On est tout à fait libres de choisir les livres qu'on met en rayon. Ce qu'on cherche à nous imposer, on le refuse. Nous, ce qu'on a dans notre librairie, c'est uniquement ce qu'on a choisi de vendre.

Selon quels critères choisissez-vous les livres ?

C. Y. : Comme on est trois libraires, on a des choix différents, ce qui fait qu'on a une palette de livres très variée.
M. J. : C'est une question de goût : on regarde les illustrations quand il y en a, et puis on connaît certains auteurs ou illustrateurs qu'on aime bien et qu'on suit. En ce qui concerne les romans pour les adolescents comme vous, quelquefois on choisit un auteur qu'on apprécie, mais d'autres fois, on ne le connaît pas, alors il faut lire, lire, lire…

Lisez-vous tous les livres que vous vendez ?

M. J. : Presque, presque !
C. Y. : Comme on est trois, on arrive à en lire la plupart. De toutes façon, on ne peut pas conseiller un livre si on ne sait pas de quoi on parle ! Mais il y a aussi des auteurs qu'on connaît très bien.

Comment faites-vous pour être toujours dans l'actualité ? Par exemple : Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux… ?

M. J. : Disons plutôt que c'est l'actualité qui s'impose à nous à travers les représentants.
C. Y. : Ils viennent vers nous et nous montrent les nouveautés. On se tient aussi au courant par ce qu'on appelle les " Livres Hebdo ", où on découvre toutes les nouveautés.

Y a-t-il des modes spéciales pour les livres ?

M. J. : Oui, on peut dire que depuis Harry Potter, la mode est au fantastique.
C. Y. : Mais généralement, on essaie de personnaliser en fonction des clients et selon ce qu'on a envie de mettre en avant.

Est-ce que les librairies marchent bien ?

M. J. : Non, on ne peut pas dire qu'elles marchent bien, c'est très difficile.
C. Y. : C'est très difficile aujourd'hui d'être libraire, parce qu'il y a des livres partout, dans les grands magasins, même à la poste ! C'est difficile de faire face à la concurrence. Nous, on travaille à côté, sinon on ne pourrait pas vivre.

Selon vous, est-ce que les nouvelles consoles de jeux ont changé quelque chose à la lecture des jeunes ?

M. J. : C'est difficile de répondre à ça… On peut supposer que oui, mais ce n'est peut-être pas que les consoles de jeux, c'est aussi tout ce monde visuel, que ce soit la télé, l'ordinateur, les jeux vidéo, etc. Ça a probablement changé les habitudes des gens, bien sûr. Avant, il n'y avait que les livres !
C. Y. : Je pense que les enfants qui aiment lire trouvent toujours le temps de le faire. Par contre, ceux qui n'aiment pas sont peut-être plus attirés par les consoles de jeux.

Interview réalisée par Laetitia, Iria et Selma

 

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