Dernière modification
mardi, 5 juin 2001


georges.eckstein@edu.ge.ch

Pressbook

Ci-dessous vous pouvez consulter les deux articles parus dans le Courrier .

Article du 16 mars Article du 10 avril

La Croix-Rouge propose une «Année humanitaire» aux jeunes

ORIENTATION : Des programmes aident à la réinsertion professionnelle ou sensibilisent à l'aide humanitaire.

CAMILLE PORTE

Le nombre de jeunes et d'adolescents présentant des difficultés à s'orienter professionnellement dans la société ne cesse d'augmenter à Genève. La Croix-Rouge genevoise1, concernée par l'avenir de ces jeunes, a mis sur pied deux programmes de prévention dans le but de faciliter le délicat passage entre scolarité obligatoire et formation professionnelle.

Ces projets «Année humanitaire» consistent en un programme de sensibilisation à l'aide humanitaire et un programme de réinsertion professionnelle.

RÉINSERTION ET FORMATION

La réinsertion professionnelle s'adresse à des jeunes entre 16 et 25 ans qui ont entrepris, sans succès, une ou plusieurs entrées en formation et qui se retrouvent sans activité régulière ni projet. Au terme de leur «Année humanitaire», les jeunes se seront vus offrir plusieurs expériences de travail leur permettant de repartir avec un contrat de formation professionnelle. Activités bénévoles ponctuelles à Genève, stages dans différents services de la Croix-Rouge genevoise, participations à des animations de la Croix-Rouge jeunesse font ainsi partie de ce programme, qui expérimente des cours de remise à niveau en français et maths grâce à une bénévole enseignante retraitée depuis peu du Collège de la Golette.

Le second volet de ce projet consiste en un programme de sensibilisation à l'aide humanitaire. En septembre 2000, trois classes de 9ème année «générale» du cycle d'orientation genevois ont débuté une «Année humanitaire», dont l'une au Collège de la Golette et l'autre au Collège du Renard.

La classe 909 du Renard (15 collégiens, plus 5 encadrants du DIP et de la Croix-Rouge genevoise) a pour projet un voyage d' étude au Honduras, en partenariat avec les Croix-Rouge suisse et hondurienne qui continuent les travaux de réhabilitation suite à l'ouragan «Mitch». Les élèves de la Golette (quinze collégiens également), pour leur part, entreprendront un voyage humanitaire au Bénin, en collaboration avec l'Association Solidarité avec les Villages du Bénin (ASVB). La classe va dans ce cas s'employer à la construction de nouveaux locaux dans le cadre de la reconstruction d'une école primaire publique dans le village de Ouassaha-Maïzankon2.

Ces deux voyages, qui auront lieu en mai prochain, constituent la cinquième phase de cette «Année humanitaire». qui comprenait notamment diverses actions à Genève (pendant et en dehors des horaires scolaires) et la découverte du projet partenaire. A leur retour, un bilan de l'expérience sera fait avec les élèves et un bilan général avec l'équipe «Année humanitaire» et les partenaires du projet. Les élèves devront également remettre un rapport qui rend compte de toutes les actions et projets réalisés par la classe durant l'année, avec un aperçu des acquisitions et des compétences développées par les élèves. Ce travail, en termes de méthodologie de projets, devrait-ainsi leur servir lorsqu'ils quitteront l'école pour entrer sur le marché de la formation professionnelle.

Les élèves auront d'ailleurs déjà acquis de nouvelles expériences au moment de financer le projet, puisque s'ils y participent à hauteur de 300 francs, ils s'investissent aussi dans plusieurs activités de recherche de fonds, tandis que différentes entreprises et partenaires de la commune et du canton sont également sollicités. Parce que, dit la Croix-Rouge genevoise, «il est du ressort de chacun, dans une société qui se doit de réapprendre à tisser des liens de solidarité, de contribuer à soutenir sa jeunesse dans son pays». L'existence de ces programmes «Année humanitaire» marque ainsi la nouvelle orientation prise par cette institution, qui souhaite contribuer à l'insertion sociale et professionnelle des jeunes à Genève.

1Croix-Rouge genevoise, service «Année humanitaire», 11 rue des Voisins, 1205 Genève. Tél. 022 781 32 48. E-mail: annee.humanitaire@croix-rouge-ge.ch
2Voir le journal Meyrin ensemble, No 20, mars 2001, avec un témoignage des élèves sur la préparation de leur voyage.

Le Courrier du 16 mars 2001

Les élèves vont s'envoler

«Le plus dur est passé, nous avons fait les vaccins!» Les élèves des collèges de la Golette et du Renard qui participent au programme «Année humanitaire» de la Croix-Rouge genevoise sont maintenant prêts au départ. Les uns pour Tegucigalpa, au Honduras, les autres au Bénin, à quelque 80 km au nord de Cotonou. Si le projet a été adopté avec enthousiasme, il a néanmoins demandé beaucoup d'investissement aux élèves, en plus de leur travail scolaire, et le "manque" de temps libre, s'est parfois fait ressentir, même si «une année, ce n'est rien par rapport à ce que l'on vit». C'est que les collégiens ont très activement participé à la réalisation de leur voyage. C'est l'un des buts de ce programme que de leur donner ainsi une expérience nouvelle. Ils ont pu ainsi défendre leurs projets devant les autorités, par exemple le maire de la commune. Ils ont également récolté des fonds en participant à diverses manifestations et activités : organisation d'une soirée de soutien, participation au téléthon et au «Samedi du partage», vente de mimosa ou de roses pour la Saint Valentin, repas des aînés, troc-vente au Lignon... Autant d'apprentissages, de découvertes de nouvelles responsabilités, d'affirmation de soi : «les élèves sont maintenant capables de défendre leur projet et leur avenir devant un patron ou qui que ce soit», résume l'un des responsables du projet. C'est en effet ce travail accompli tout au long de l'année qui est formateur, pour des élèves de 9e générale confrontés plus vite que d'autres à la vie professionnelle. Le (court) séjour sur place est alors la récompense du travail accompli, même si, sur place, les élèves donneront un coup de main aux associations humanitaires associées au projet. Pour eux, qui rêvent d'aller «le plus loin possible», ce voyage est aussi l'occasion de découvrir une autre mentalité, plus «débrouillarde», parce qu'ici, «on vit comme des riches». Alors, même si une certaine appréhension devant l'inconnu se manifeste, «parce qu'on a toujours peur de ce qui est différent», la hâte du départ se fait plus pressante chaque jour : «on n'a cette chance qu'une fois dans sa vie!». Et puis, l'expérience n'est pas terminée. A leur retour, les voyageurs tireront le bilan de l'année écoulée, et participeront à la préparation de leurs camarades de la prochaine volée de «l'Année humanitaire».

Lire notre supplément éducation du 16 mars dernier. Croix-Rouge genevoise, service «Année humanitaire», 11 rue des Voisins. 022 / 781 32 48.

Le Courrier, mardi 10 avril 2001