Ah, quelle belle journée. Je suis en vacances depuis une semaine et dans deux semaines je pars pour l'Egypte. Depuis deux jours, il fait une chaleur horrible. Hier je me promenais au bord de la Seine et la ville était déserte, personne dans la rue, personne dans les magasins. J'en profitai donc pour me rafraîchir dans la Seine. Je me déshabillai et entrai dans l'eau. La différence de température me fit frissonner. Je sortis immédiatement de l'eau et me rhabillai. Ensuite je rentrai chez moi et m'assoupis. Aujourd'hui je me sens bizarre, j'ai juste envie de me coucher mais je n'arrive pas à dormir. Je vais faire un tour à la Bibliothèque municipale, ça me changera les idées !
Vendredi 6 juillet, 12h
Il fait toujours aussi chaud. Tellement chaud que je ne sors même plus. Cela fait une semaine que je traîne à la maison et j'ai déjà préparé mes affaires pour partir. Je me réjouis tellement de ce voyage. Je pars au Caire faire des fouilles. Je pars dans une semaine. Le bateau part de Marseille et le trajet va durer trois jours. C'est la première fois que je vais prendre le bateau.
Je transpire, il fait tellement chaud. Je vais prendre une douche.
Jeudi 12 juillet, 19h45
Je suis à Marseille. J'ai pris le chemin de fer ce matin. Marseille est une ville magnifique. Ce soir je dors à l'hôtel et demain mon paquebot m'attend.
Il fait beau, c'est agréable, je viens d'arriver à l'hôtel, j'étais en train de flâner sur le port. Une bonne nuit de sommeil (la dernière en France) et demain matin, mon bateau. J'ai un peu peur mais je suppose que c'est normal.
Vendredi 13 juillet, 22h
Oh mon Dieu ! tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé cet après-midi. Je n'arrive même pas moi-même à y croire.
Ce matin j'ai embarqué sur le bateau, tout allait bien, on m'a très bien accueilli, même si j'ai eu un peu peur quand le bateau est parti. Il est somptueux et immensément grand. Ma cabine est la 113. Je la partage avec trois Italiens qui ont pris trois semaines de vacances. J'ai installé mes affaires et je suis monté prendre le petit-déjeuner. Je suis arrivé dans la salle à manger après m'être trompé de chemin au moins trois fois. Ce bateau est tellement grand, et tous les couloirs se ressemblent. Je suis donc arrivé en haut, j'ai pris un café et des croissants et j'ai déjeuné seul. Il faisait chaud et je suis donc sorti après avoir débarrassé ma table. Je suis arrivé sur le pont, j'ai été regarder un instant par-dessus la barrière, puis je suis allé m'asseoir sur un banc pour lire. Malgré qu'il n'était que dix heures, le pont était rempli de monde. Mais j'étais le seul sur mon banc, je me suis donc installé et j'ai commencé à lire mon roman. Bientôt une vieille dame et un homme d'âge mûr me rejoignirent. La vieille dame sortit un tricot de son sac et j'engageai la conversation avec l'homme. Je lui demandai son nom, il s'appelait Michel. Il habite à Toulouse, il est également parti pour faire des fouilles, mais plus nous parlions plus j'avais l'impression qu'il me décourageait d'y aller. À la fin de notre discussion, j'avais presque envie de tout abandonner et de rentrer chez moi. Au bout d'une heure que nous parlions, il m'expliqua qu'il devait aller chercher ses cachets dans sa cabine. Je le saluai et il partit. Je le regardais s'en aller d'un pas lent et hésitant. Puis soudain il tomba brutalement au milieu des personnes, je me levai aussitôt et courus vers lui. Il se tenait le cou avec ses mains, ce qui donnait l'impression qu'on l'étranglait. Il se débattait, il criait et pleurait et moi j'appelais au secours, je criais, je criais mais personne ne faisait attention à lui, à ce qui lui arrivait. Je l'ai vu mourir devant moi, il avait le visage tout bleu et je remarquai qu'il portait une bague à sa main droite. Une alliance probablement. J'étais affolé, je courais dans tous les sens et tout le monde me prenait pour un fou. J'étais comme dans une bulle de verre, j'entendais les gens parler, mais je n'arrivais pas à comprendre leurs paroles. J'étais comme dans un rêve, et tout d'un coup je suis tombé par terre, évanoui. J'ai senti qu'on me parlait, je me suis laissé faire et quand j'ai ouvert les yeux j'étais à l'infirmerie entouré de belles et souriantes infirmières. Je me suis dit que tout allait bien et j'ai refermé les yeux.
Maintenant je suis dans ma cabine et je ne veux plus en sortir, j'ai trop peur de découvrir que le cadavre n'a pas bougé, car personne n'a semblé le voir. Il avait une expression d'épouvante sur le visage. Je suis épuisé et pourtant il n'est que 22h30. J'espère dormir et me réveiller dans deux jours.
Mardi 17 juillet, 20h
Je suis arrivé au Caire hier. Il fait beaucoup plus chaud qu'à Paris. Ici la vie est très différente et mon campement est en plein désert, à un kilomètre des pyramides. Il est minuscule et toutes les tentes se ressemblent. Je suis allé faire un tour pour visiter le campement et j'ai trouvé un endroit génial pour regarder le coucher du soleil. Je suis resté là-bas jusqu'à ce que le petit bout orange du soleil disparaisse à l'horizon. La seconde d'après un frisson glacial me parcourut tout le corps. Tout à coup j'avais peur. L'instant d'avant je me sentais protégé et là je n'étais plus sûr de rien. Mais je me suis raisonné et obligé à oublier cet instant. J'ai rencontré des gens sympathiques, un couple et une jeune femme. Nos tentes sont en face, c'est pour cette raison que nous avons fait connaissance. Demain nous irons faire notre première journée de fouilles. Nous irons à quatre ; Isabelle, Nacim, Lena et moi. On m'appelle, nous allons manger, à demain !
PS :Ah, j'allais oublier, nous avons aussi un guide, il viendra également avec nous demain. Il s'appelle Ali, c'est lui qui fait la cuisine.
Mercredi 18 juillet, 12h30
Nous sommes dans la pyramide. Nous allons y rester deux semaines sans en sortir ; Ali a pris les provisions, tout va bien, j'ai trouvé une poterie et Lena un vase somptueux, bien qu'il n'en restait que la moitié
Nous venons de finir de manger et nous avons une demi-heure pour nous reposer avant de continuer les recherches. Aujourd'hui nous voyons encore la lumière du jour, mais demain nous irons plus loin et nous serons dans le noir pendant deux semaines. Je suis content d'être ici, je ne regrette absolument pas d'être parti, malgré ce que m'avait dit l'homme du bateau.
Lundi 23 juillet
Nous avons beaucoup avancé dans les fouilles Lena et moi, mais depuis quelque temps Isabelle et Nacim me semblent avoir changé. Ils sont tout le temps entre eux et ne nous adressent plus la parole. Leurs yeux regardent dans le vide, je ne les reconnais plus du tout, ils avaient l'air d'être gentil, mais quand ils me regardent je ne vois plus rien dans leurs yeux.
L'endroit où Lena et moi faisons des recherches est très intéressant, nous trouvons chaque jour des nouveaux objets. Hier j'ai même trouvé le squelette d'une main. Lena a crié si fort en le voyant que tout le monde a couru vers nous, croyant qu'il lui était arrivé quelque chose. Pour ma part, cela m'a plus fait rire qu'autre chose.
Vendredi 20
Décidément, il se passe des choses étranges ici, et je compte bien savoir de quoi il s'agit. Aujourd'hui j'ai trouvé un journal intime, celui de Michel R. Ce nom me dit quelque chose, mais je ne sais plus...J'ai l'impression qu'ici le temps passe plus lentement que dehors, que tout est au ralenti, les journées sont interminables. J'ai l'esprit embrouillé. Personne ne me parle plus, tout le monde a ces yeux, ces yeux étranges qui regardent dans le vide. Quoi qu'il en soit, même si on ne me parle pas, j'écoute les autres parler et j'ai entendu Lena raconter qu'elle avait trouvé un corps, elle avait l'air de trouver cela normal, mais j'ai soudain repensé à ... au monsieur du bateau, je ne me souviens plus de son nom... Mattia ? Miguel ? Michel, Michel, c'est ça, je me souviens maintenant. Mais, le journal ? Merde le journal, celui qui appartenait à Michel R. Je n'ai même pas pris le temps de l'ouvrir, je l'ai laissé dans la terre. Mais ça ne peut pas être le même Michel, mon Michel est mort sous mes yeux sur le bateau, et pas ici. Tu vois, quand je dis que j'ai l'esprit embrouillé, en temps normal, jamais je n'aurais pu m'imaginer des histoires pareilles, je ne me serais même pas posé la question.
Dimanche 22
J'ai fait une trouvaille, et pas des plus banales
Cela faisait une demi-heure que je cherchais sans rien trouver quand tout à coup ma pelle buta contre quelque chose de dur. Je continuai délicatement à dégager l'objet et, au bout d'un quart d'heure j'ai découvert un magnifique tombeau. Il était turquoise, noir et avec des hiéroglyphes dorés. Je suis resté sans voix devant cette merveille. C'était la première fois que j'en voyais un aussi magnifique : Mais tout à coup j'entendis un chuchotement long et bas dont je ne compris le sens. Je me retournai pour voir d'où provenait la voix mais il n'y avait personne. J'aurais pourtant juré avoir entendu prononcer mon nom. Les battements de mon cur commencèrent à s'accélérer. Soudain un bruit sec me fit tressaillir : je me retournai vers le tombeau, il s'était ouvert. N'osant pas avancer je restai figé, quand les murmures reprirent. " Je te l'avais pourtant dit, j'ai essayé de te prévenir " est la seule phrase que j'ai pu retenir car la voix était trop basse. Bien que mort de peur, je décidai de regarder ce qui se trouvait dans le tombeau. Et je vis un homme tout bleu, avec la même expression que sur le bateau, la même alliance à la main droite. C'était mon Michel. Le Michel du bateau. En le revoyant j'eus la nausée mais je me retins. Je reculai, dégoûté, puis me rapprochai. Il me semblait avoir vu quelque chose à ses pieds. Je ne me trompais pas, son journal s'y trouvait. Le journal que j'avais trouvé quelques jours avant et que j'avais laissé dans la terre. Après avoir vu tout ça et réalisé ce que cela signifiait, je me suis enfui en courant avec cette affreuse impression d'être poursuivi. Toutes ces galeries se ressemblaient et j'ai dû tourner en rond pendant cinq minutes qui m'ont semblé durer une heure. Pour finir je me suis arrêté, j'ai repris mon souffle, je me suis calmé et j'ai retrouvé le chemin.
Lundi 23
Aujourd'hui j'ai découvert un nouveau tombeau, mais vide cette fois-ci. Je l'ai recouvert de terre parce que je n'ai pas eu le temps de finir et je ne veux pas que les autres me volent ma trouvaille. Demain soir j'irai le déterre complètement.
J'ai peur. À chaque petit bruit je sursaute, je fais d'horribles cauchemars où on m'étrangle, où Michel déguisé en pharaon me répète sans cesse qu'il m'avait prévenu, que je n'aurais pas dû venir et je me réveille en sueur.
Mais c'est vrai, je n'aurais jamais dû partir en Egypte. J'aurais dû rester à Paris, travailler dans mon musée au lieu de venir jouer les chercheurs ici. Je me sens mal, il fait moite et je déteste ça. Dès demain matin, je m'en vais d'ici avec mes trouvailles. Car je compte bien ne rien leur laisser.
Mardi 24
Cette journée a été nulle ! Aucune trouvaille. Il est 22h. Dans une heure, quand tout le monde dormira, je pars à la recherche du tombeau. Je me demande d'ailleurs pourquoi il est vide. C'est étrange, mais j'étudierai tout cela plus tard, une fois sorti d'ici.
23h : je pars, à demain, souhaite-moi bonne chance ! ! !
CE JOURNAL A ETE RETROUVE IL Y A SEPT ANS MAINTENANT, DANS UN TOMBEAU, PAR UNE EQUIPE ARCHEOLOGIQUE, A COTE D'UN SQUELETTE IDIENTIFIE COMME CELUI DE L'AUTEUR DU JOURNAL.
