Un miroir maléfique

Il y a quelques années, quand j’avais juste obtenu mon certificat d’études, je voulus trouver un travail pour pouvoir commencer ma vie. Ce jour-là, j’avais 25 ans, j’étais célibataire et je n’avais toujours pas trouvé de travail. J’habitais toujours chez mes parents, à Genecy, près de Paris. Mon père était mort, il y a un an à cause d’une crise cardiaque, sans n’avoir jamais retrouver son cadavre. Il s’appelait Henri, c’était une personne extrêmement connue dans mon village et sa mort nous fit beaucoup de chagrin, non seulement à ma famille mais également à toute la communauté. Nous nous entendions véritablement bien, je le considérais comme un frère, car il était toujours à mes côtés. Je n’ai jamais su ce qu’il faisait vraiment comme métier, mais je sais qu’il gagnait bien sa vie car nous habitions dans une énorme villa, dans un endroit très paisible. Un jour, dans le journal, j’eus une annonce pour être infirmier. Ce petit travail se trouvait à Paris, donc je décidai d’aller y habiter provisoirement. Je fis mes valises et j’allais m’installer dans un tout petit studio, que mon père avait acheté pendant sa jeunesse. Je n’étais pas au courant de ce petit studio, ma mère était venue vers moi un jour et m’avait passé des clefs. J’étais agréablement surpris.

Une fois dans mon nouvel appartement, je remarquais que tout était installé, les meubles, le lit, la télé, et Je posais mes affaires, puis j’inspectais ce studio, il n’y avait rien de sale, tout était propre. J’avais l’étrange sensation que quelqu’un habitait ici, je sentais une étrange présence qui me suivait mais je n’y tenais pas compte. Dans cinq jours, je devais aller travailler, ce qui me laissait tout le temps nécessaire pour m’installer. Ce jour-là, j’étais épuisé de ce petit voyage, je regardai un peu la télé, puis, j’allai me coucher. Le lendemain matin, vers 8 heures, je me levai. J’avais passé une excellente nuit comme je n’en avais jamais passée. Comme tous les matins, j’allais prendre une douche puis me laver les dents et, soudain, me vint à l’esprit, une idée qui me surprit. J’ai juste remarqué que, dans ce studio, il n’y avait pas de miroir, et moi j’avais toujours l’habitude d’en avoir un. Alors, pour m’occuper, je décidai
d’aller acheter un miroir. Je sortis de chez moi puis, je remarquai quelque chose que je n’avais jamais vu auparavant. Il y avait un magasin de meubles juste de l’autre côté de la rue, cela m’avait vraiment surpris car hier, quand j’étais rentré, il avait juste un mur, j’avais remarqué ça car ce mur était rempli de graffitis. Et aujourd’hui, à ma stupeur, un magasin ! Il était dix heures, personne dans la rue, je dirais presque que j’étais seul au monde. Le magasin indiquait " fermé ". J’entendis quelqu’un ou plutôt quelque chose derrière moi. Je me retournai ! Personne… Le vent se lève… Je regardai ce magasin et, il indiquait " ouvert ", ceci m’inquiétait.

Les meubles ne me paraissaient pas très nouveaux ni en très bon état, mais l’avantage était que ce n’était pas du tout cher, le prix est beaucoup plus bas que dans les autres magasins, je décidai de rentrer.
À l’extérieur, il faisait froid, mais en rentrant, une chaleur très agréable vint à moi. Je cherchais un miroir, puis je vis un vieil homme assit sur une chaise. À cet endroit, il faisait sombre, cette personne était dans la pénombre. Je n’arrivais pas très bien à distinguer cette silhouette. Il se leva dos face à moi. Je vis que c’était un vieil homme, il se retourna soudainement, son visage était blême et son nez aquilin. Ceci m’intriguait, mais je lui demandais quand même combien coûtait le miroir. Il me répondit avec une voix très grave et très forte que les miroirs n’étaient pas de bonne qualité et me conseilla d’acheter un psyché, je trouvais que c’était une bonne idée car j’aime bien me voir au miroir. Je l’achetai, il me remercia d’une voix très grave et se retourna, avec son long manteau noir soudain, il disparut lentement dans l’ombre…

Je pris mon psyché et l’amenai jusque chez moi. En arrivant chez moi, je le posai dans ma chambre. La journée se passait normalement, j’avais déjà mangé alors je décidai de sortir pour connaître un peu mieux mon voisinage. En sortant de chez moi j’eus l’étrange sensation que quelque chose avait changé, et je regardai ce mur, vide. J’avais l’impression que je commençais à avoir des hallucinations. Pour vérifier, je remontai chez moi, le psyché y était ! Je fixais cet objet d’un regard vif et remarquai que l’image que je voyais sur ce miroir devenu trouble et tout à coup, tout ce qui m’entourait devins obscure, je me sentis léger ! Cette étrange sensation qui m’emportait, qui ne m’était pas mauvaise mais nouvelle. Brusquement. Tout réapparaissait autour de moi, mais, à ma stupeur, je n’étais plus chez moi mais dans une vaste demeure, il faisait presque noir, ce miroir était toujours devant moi, mais je me retrouvais dans une autre chambre, une chambre énorme, toute sale. Je sortis de cette pièce pour découvrir et comprendre où j’étais et comment j’avais pu atterrir ici ! Je sortis et descendis des escaliers sombres pour découvrir un énorme hall vide, obscur. Je marchais à tâtons, j’entendis quelqu’un marcher. Je n’arrivais qu’à distinguer une petite silhouette qui s’approchait de moi, et qui grandissait peu à peu. Mon cœur battait plus fort plus fort. J’étais angoissé. Quand cette silhouette n’était plus qu’à deux mètres de moi, mes membres s’affolèrent et d’un mouvement spasmodique, je commençais à m’enfuir, sans me contrôler, je me précipitais rapidement jusqu'à un couloir, un couloir vraiment très sombre. Je m’arrêtai et regardai derrière moi : la silhouette me suivait, mon cœur battait à cent à l’heure, je recommençais à prendre mes jambes à mon cou ! je longeais le couloir, qui me paressait interminable, je vis passer de nombreux tableaux, des visages… Et je réussis à distinguer celui de mon père, du coin de l’œil, j’arrivais à distinguer cette silhouette, toujours derrière moi, puis, une lumière aveuglante apparue devant moi, et sans réfléchir je courus en sa direction. En arrivant à cette étrange luminosité, essoufflé, je repris mon souffle et, brusquement, une main se posa sur mon épaule, je me retournai, c’était cette silhouette, cette fois j’arrivais à distinguer son visage, il était vraiment vieux puis je me rappelais que ce visage m’était familier mais je ne voyais pas clairement. Affolé, j’essayais de me débattre, puis, il dit avec douceur et à ma stupeur qu’il ne me voulait pas de mal et qu’il voulait tout m’expliqué. Il disparut dans l’obscurité, peu à peu. Dans la peur d’être seul dans cette demeure hantée, je le suivis. Je le distinguais à peine, puis, brusquement, il disparut, je compris tout de suite qu’il était rentré dans une de ses innombrables pièces de ce vieux manoir. J’essayais de le retrouver, je m’arrêtais puis écoutai. J’entendis des pas s’éloigner de moi, donc je décidai de le suivre à l’aveuglette. Je rentrai dans une de ses chambres. Il était déjà assis dans un fauteuil près de la cheminée et une vision me vins à l’esprit, la vision de l’homme de ce magasin, qui était aussi assis sur un fauteuil, dos face à moi et je me souvenais alors que cet homme était vraiment celui du magasin, cet étrange magasin que je n’avais plus jamais revu. Il m’ordonna de m’assoire à ses côtés. Je le vis mieux, grâce au feu de la cheminée. Son visage avait changé, il avait les yeux rouges sanglants, ses lèvres étaient saignantes, ses dents étaient très pointues et surtout sa peau, elle était devenue rougeâtre. Des cheveux blancs tout frisés. J’étais complètement dégoûté. Cloué à mon fauteuil, terrorisé par cet étrange personnage, je m’assis à ses côtés et il se tourna vers moi, ma frayeur était à son paroxysme, mais j’osai quand même lui demander où est-ce que j’étais. Il me sourit d’un air maléfique et me dit que c’était le destin et m’ordonna de le suivre. Il se leva puis sorti dans cet immense couloir et pointa le seul tableau qui était vide… Des frissons me parcoururent le corps, puis il pointa du doigt cette étrange photo, très ancienne, où l’on arrivait à peine à distinguer la personne. Et avec sa voix grave et inquiétante me dit :

-Voici ton arrière-arrière grand-père…

J’étais stupéfait par cette remarque... Je compris alors que toute a famille avaient vécu cette expérience et ce tableau qui était vides serait donc pour moi… Mais ce qui me paraissait bizarre était le fait qu’il n’y aille que des hommes sur les tableaux. Puis il me dit :
?-Je sais que ce que tu dois te dire maintenant, mais toutes ses personnes sont de ta famille, et le destin a voulu que je les tue !
?Alors là, je ne savais plus quoi faire, je savais qu’il allait me tuer, j’avais compris ! mais je ne savais toujours pas pourquoi nous ?!?! Dans l’inquiétude que ce personnage était a côté de moi et dans la terreur de tout ce que j’avais vécu le même jour, sans savoir où aller, je me précipitai vers cette lumière blanche qui me semblait toujours bienfaisante puis en arrivant vers elle, je sautai dedans ! Tout à coup je réapparus chez moi ! Là ! Où tout avait commencé, ce miroir devant moi ! maudit soit-il ! Toujours affolé je le pris avec moi, sorti de chez moi et le balançai contre ce mur où il y avait ce magasin qui n’y était plus. Il se brisa en mille et un morceau étincelant à la lumière du soleil. Un vacarme retenti alors je courus et m’enfermai chez moi ! je me dirigeai, terrifié, vers ma chambre et là ! mes yeux s’étaient braqué, mon cœur arrêta de battre. Le psyché était là ! Exactement où il était avant ! Le spectre, cet homme hideux, apparu soudainement dans la glace et dit : "Tu ne réussira jamais réussir à m’éviter moi et ton destin… Ha ah ha ah !"
Tout à coup, le psyché disparut ! je restai sur mes gardes, j’avais attendu pratiquement avant de bouger. J’étais trop terrifié, mon corps entier était glacé ! Alors à ce moment je décidai de faire mes valises et de m’en aller une fois pour toutes et tant pis pour le nouveau travail.
?Vingt ans passèrent, j’avais une femme et un enfant, qui allait bientôt obtenir son certificat d’études. Toute cette histoire était oubliée, je ne l’avais raconté qu’à ma femme et demandé de jeter la clef de ce studio quelque part où personne ne pourrait la trouver. Ce jour même, en rentrant de mon travail, qui était celui de maire de la vile et avocat, à ma stupeur, personne chez moi, je rentrai, fermai la porte. Je ne m’inquiétais pas pour ma femme et mon enfant, et en me retournant, en regardant le salon, mon cœur s’arrêta ! Mon sang se glaça ! Le psyché y était … Etait-ce le destin ???…

Fin

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