Rêve humain
28 Juillet
Cher journal, ,je nen peux plus, jai limpression que ma tête va exploser. Il marrive des choses bizarres depuis quelques jours. Tout a commencé le 24 de ce mois. Je me suis réveillée en sueur. Je venais de faire un cauchemar. Je ne me souvenais plus du rêve, mais je savais quil était horrible, quil me marquerait pour tout le restant de ma vie. Le jour davant, les jours me semblaient tous pareils : on se lève le matin et on va à lécole. Cétait comme se regarder dans un miroir, ou plutôt dans 365 miroirs qui se reflètent. Cematin- là, je nétais pas allé à lécole. Je métais rendue chez mon médecin, cétait un homme jeune, je lui donnais 30 ans. Il était grand, bronzé, avec de grands yeux verts. Il coiffait ses cheveux en hérisson. Jétais allée le voir car à chaque fois que je me trouvais dans une petite pièce, javais du mal à respirer et mon cur commençait à battre plus vite. Le médecin mavait dit que jétais sans doute claustrophobe. Le moyen de réussir à contrôler cette maladie était de se mettre dans des petites pièces le plus de fois possible, mais peu de temps. Ensuite, laprès-midi jétais allée normalement aux cours. Javais eu la biologie, ma branche préférée. Cette période, on allait étudier le cur. Comme introduction, le prof nous a conseillés de faire du sport. Daprès lui, cela le maintiendrait en forme, de plus cela nous éviterait davoir des problèmes cardio-vasculaires. Pour ceux qui navaient pas le temps , comme moi , de faire du sport , il nous avait dit de monter et descendre les escaliers à pied au lieu de prendre lascenseur. Pour ma part, je me passais bien de son conseil, jhabitais au deuxième étage et je ne pensais pas que descendre quelques marches changerait grand chose à la santé de mon cur. De plus, je préférais suivre le conseil de mon médecin pour guérir ma maladie. A partir de maintenant, je prendrais toujours lascenseur, je pensais que descendre deux étages ne devaient pas prendre plus de quelques secondes. Le pire a commencé le matin d'après, je vais te raconter :
Je me suis levée comme tous les jours à sept heures. Je me suis préparée pour aller à lécole, jarrivais à peine à ouvrir mes yeux, mes paupières étaient si lourdes que je ne voyais pas très bien où je marchais. Je ne me sentais pas très bien, jétais mal à laise. Mes parents étaient déjà partis depuis longtemps au travail. Je me suis dirigée vers la fenêtre, pour voir quel temps il faisait, mais il ny avait rien à voir, cétait lobscurité totale dehors. Jétais angoissée et javais limpression que lon mobservait. Lorsque jai refermé la porte de lappartement, un frisson glacé me parcourut. Je naimais pas être seule, je devais toujours avoir quelquun près de moi. Et comme par hasard je me trouvais seule. Lorsque jappelai lascenseur, il sarrêta, en premier à létage du dessus, mais quand je suis rentrée à lIntérieure, il ny avait personne
Jappuyais sur le rez-de-chaussée. Je vis à travers la petite vitre ronde des portes automatiques défiler le premier étage, puis le rez-de-chaussée
Lascenseur ne s'arrêta pas. Je poussai un soupir, jallais de nouveau arriver en retard. Lorsquil sarrêta enfin , ce fut au sous-sol, les portes ne souvrirent pas. Jai essayé de les ouvrir, en vain. Je me suis mise à appuyer sur la sonnette dalarme, personne ne me répondit. A cette heure-ci, les gens étaient déjà partis travailler
Lascenseur était en panne, avec moi à lintérieur, et il ny avait personne pour me secourir. Jétais là depuis quelques minutes, je tentais de garder mon calme, mais je sentais quune crise allait se produire. Ma gorge commença tous dabord à se serrer, javais de la peine à avaler ma salive. Mes mains tremblaient de plus en plus. Je me suis approchée lentement, pour ne pas tomber et commençai à guetter les couloirs avec lespoir de voir passer quelquun. Il ny avait rien dautre quun silence absolu, pas un seul courant dair ne traversait les couloirs. Javais de plus en plus de mal à respirer, je sentais que mes jambes devenaient lourdes et javais du mal à rester debout. Alors, je me suis assise au fond de lascenseur, roulée en boule, en attendant quil se passe quelque chose. Je me demandais ce que je pouvais bien attendre, que je me calme ou que quelquun vienne me chercher ? Jattendis de me calmer avant de me relever. Je me sentais mieux, mon cur ne battait plus si fort et je respirais mieux. Jappuyai à nouveau sur la sonnette, mais il ny avait toujours personne. Je recommençai à regarder dans les couloirs, il ny avait toujours personne. Je remarquai alors que la lampe de lascenseur nilluminait plus très bien, me plongeant ainsi dans une demi-obscurité. Tout à coup, les lumières des couloirs séteignirent. Jeus dabord un sursaut, mais me repris vite en pensant que cétait sans doute quelquun. Je me hâtais, alors à appeler au secours, mais personne ne mentendait. Je pouvais à peine voir ce quil se passait de lautre côté de la porte de lascenseur. Je ne savais plus ce que je faisais là, debout en train de regarder des ombres de murs, à peine distinctes. Mes yeux commençaient à redevenir lourds, lorsque je crus apercevoir une ombre bouger. Jécarquillai mes yeux pour mieux voir, rien ne remuait, tout était calme. Jentendis comme le souffle du vent
Non, cela ressemblait plus à un murmure long et langoureux, traverser les couloirs. Je me dis que cétait peut-être le vent, un simple courant dair. Au bout dun moment, ce bruit persistait toujours et devenait de plus en plus fort. Je sentais que la chose ou lêtre qui faisait ce bruit se trouvait à chaque fois plus près de moi, pourtant je ne percevais aucun pas. Lincertitude menvahissait, ce bruit nétait que le fruit de mon imagination , le vent, ou était-ce la profonde respiration dun être ?
Je pensais que ça devait être quelquun qui ne savait pas où allumer les lumières. Mais cette penséelà me sortit vite de lesprit quand je vis une ombre passer devant moi, de lautre côté de la porte. Je suis alors restée sidérée et poussai un petit cri que jentendis à peine mais qui suffisait à attirer son attention vers moi. Elle se mit à fixer lascenseur avec de grands yeux verts démesurément ouverts, qui ressemblaient à ceux des chats. Lombre avança vers lascenseur à grands pas. Je croyais, comme les portes étaient bloquées, quelle narriverait jamais à rentrer. Au moment où je vis quelle avait traversé les portes sans problème, je croyais que cétait la fin. Jétais contre la paroi du fond, là je narrivais vraiment plus à respirer. Pourtant je tentais, jessayais de prendre de grandes bouffées dair, mais il restait coincé dans ma gorge, il ne passait pas. Lombre avait la silhouette dun homme, avec de grandes piques sur la tête. Elle sapprochait de moi. A chaque pas quelle faisait, la distance quil y avait ente nous diminuait. J'étais complètement effrayée et à bout de forces. Je fermai les yeux et me mis à crier de toutes mes forces. Lorsque je rouvris les yeux, j'étais ici, dans mon lit. Je croyais que tout cela n'était rêve. Mais lorsque j'allai à l'école, je crois qu'il s'est passé exactement la même chose. Et maintenant, depuis des jours, ma vie n'est formée de rien d'autre que ce cauchemar. Lorsque je sors de l'appartement, j'essaie bien de descendre à pied, mais il y a une force étrange qui me pousse à prendre l'ascenseur. Je ne sais pas comment je vais faire pour m'en sortir
Peut-être sortir par la fenêtre
ou
je ne sais vraiment pas comment !
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