Une définition du fantastique

 

 

De nombreux textes décrivent des phénomènes étranges, inquiétants, inexplicables. Toutefois il n'est pas toujours aisé de les attribuer au genre fantastique ou à d'autres genres. Deux écrivains se sont essayés à définir ce genre littéraire. Pour Tzvetan Todorov "Le fantastique, c'est l'hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles face à un événement en apparence surnaturel" (TODOROV T., Introduction à la littérature fantastique, Paris, Le Seuil, 1970, p. 29), alors que pour Roger Caillois " Le fantastique manifeste un scandale, une déchirure, une irruption insolite, presque insupportable dans le monde réel" (CAILLOIS R., De la Féerie à la science-fiction, Préface à l'Anthologie du fantastique, Paris, Gallimard, 1966, p. 8).

Malgré quelques petites différences, ils sont d'accord sur une particularité fondamentale de ce genre : le fantastique est caractérisé par l'irruption d'un phénomène inexplicable dans le monde réel, contrairement au merveilleux, ce qui provoque le mystère et l'épouvante.

A la différence du récit de science-fiction, le récit fantastique ne donne pas au lecteur la possibilité de comprendre le phénomène grâce à des explications scientifiques ; il se termine sur le doute, l'interrogation qui prolonge le trouble. Le récit fantastique suit un schéma narratif des plus rigoureux : situation initiale, avertissement, transgression, aventure fantastique, châtiment et situation finale. Toutefois les auteurs du XXème siècle se sont un peu éloignés de ces règles mises sur pied implicitement par les pionniers de la littérature fantastique : Théophile Gauthier, Guy de Maupassant, Edgar Allan Poe ou encore Villiers de l'Isle Adam.

Le récit fantastique est souvent raconté à la première personne, ce qui facilite l'identification du lecteur qui partage l'effroi et les interrogations du héros.

Il n'est pas aisé de rapporter des événements surnaturels pour l'écrivain. Aussi il utilise en général un certain nombre de procédés stylistiques pour nourrir l'imagination du lecteur : les métaphores et les comparaisons, le vocabulaire de la perception et du "vague", les phrases exclamatives et interrogatives, la ponctuation qui illustre les sentiments du protagoniste.

Au cours des siècles le fantastique a souvent muté de forme : il s'est fait plus sournois, moins certain, plus difficile à décrire. Pourtant, il est toujours là, prêt à réveiller nos phobies, nos angoisses qui dorment au plus profond de nos âmes, Alors soyez sur vos gardes...

 

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