Ecrire un récit collectif sur le web

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Titre

Ecrire un récit collectif sur le web

Numéro du module: 8
Auteurs: Dominique Hari
Date: 20.4.02
No de version: 1
Discipline ou domaine: Français et langues
Objectifs en termes de résultats d'apprentissages :

Mettre en place les modalités d'une rédaction collective impliquant plusieurs classes et/ou plusieurs écoles

  F2
Public cible : Tout formateur F2 CO ou PO soucieux de stimuler la production textuelle de ses élèves en la situant dans un contexte de communication
Type de démarche pédagogique : Apport méthodologique
Résumé:
Mots-clés:

1.Préproduction

1.1.Stimulus

Comment lancer une séquence pédagogique longue (on peut imaginer plusieurs mois de travail en classe) consistant demander à des élèves d' "écrire quelque chose ensemble"? Pour schématiser, on a le choix entre:

a) le mode directif: "Vous allez écrire une histoire, à raison chacun et chacune d'un épisode à tour de rôle, à partir du premier épisode que je vous distribue maintenant".

b) le mode consultatif: "Voyons un peu dans quel genre et à partir de quel point de départ vous aimeriez oeuvrer collectivement. Trouvons ensemble un texte qui vous semble un début intéressant".

Chaque approche a ses mérites, la première étant plus appropriée pour des élèves du CO nécessitant de l'encadrement et la seconde pour des élèves du PO plus autonomes.

1.2.Exercices

Dans les deux cas, on peut imaginer un exercice style "cadavre exquis", dans lequel un élève produit une phrase, et l'élève suivant s'inspire de cette phrase pour produire la sienne, etc....
Si l'on dispose de davantage de temps, et que l'on souhaite en parallèle familiariser les élèves avec l'utilisation du traitement de textes dans un contexte de production littéraire, on peut consacrer quelques heures à un exercice plus élaboré de simulation, constituant une réplique à l’échelle réduite de la classe du projet global:
1)chaque élève produit un épisode d'une fiction du genre de son choix (policier, science-fiction, parodie, récit historique, scénario, fait divers, récit de voyage, journal de bord...)
2)l'enseignant, après l'avoir relu et corrigé, le place dans un dossier ouvert sur l'Intranet de l'école
-les élèves lisent les textes de leurs camarades et élisent le meilleur
3)le texte élu devient le premier chapitre officiel du récit collectif; il est placé par l'enseignant dans un nouveau dossier
4)l'heure suivante, on recommence au point 1) avec un nouvel épisode s'inspirant de l'épisode officiel, et ainsi de suite.

1.3.Bifurcation

Il va de soi que si l'on poursuit l'opération au-delà de trois épisodes, l'exercice de préparation devient une séquence pédagogique de longue durée à part entière, ce qui peut constituer une tentation pour peu que la classe demande à continuer. Mais ceci s'apparente alors à un classique atelier de traitement de texte. Avec toutefois le petit plus que confère la mise sur l'Intranet, qui permet aux élèves d'accéder aux textes (et de les communiquer) depuis n'importe quel poste dans le bâtiment et à (techniquement du moins) n'importe quelle heure libre.



2. Production

2.1. Prise de contact

Bien qu'on puisse donc imaginer de faire la séquence avec les élèves d'une seule classe, il est plus enrichissant d'utiliser le web pour mettre les élèves en communication, par production textuelle interposée, avec d'autre élèves situés dans un autre établissement.
On a le choix entre le travail avec une classe en rapport de proximité (un autre Cycle ou un autre Collège dans le canton de Genève). Ou en rapport d'éloignement (une classe en Afrique francophone ou au Canada dans le cas par exemple d'une rédaction en français). Une fois le projet lancé, les deux possibilités devraient se révéler assez semblables. Mais il va de soi que la seconde démarche, plus ambitieuse, présente une complexité certaine au niveau prise de contact: la recherche de collègues prêts à se lancer dans une telle aventure peut nécessiter en préalable pas mal de correspondance, électronique ou autre.

2.2. Marche à suivre

Lorsque les participants sont virtuellement en présence, on peut lancer la phase de rédaction en observant les paliers suivants, qui sont fondamentalement semblables à ceux vus en 1.2:

Heure 1: Chaque élève produit un épisode d'une fiction de son choix qu'il place sur le web. Pour les modalités pratiques, voir en 2.3.

Heure 2: Les élèves se connectent au site, lisent individuellement les textes de leurs camarades et élisent individuellement le meilleur. Il y a un problème quantitatif à ce stade, puisque chaque élève devra lire les textes de deux classes. Raison pour laquelle chaque épisode doit être court; on peut encore raccourcir le temps de lecture en faisant travailler les élèves par groupe de deux.

Heure 3: Le texte élu devient le premier chapitre officiel du récit collectif. Tous les élèves s'en inspirent pour élaborer l'épisode suivant, et ainsi de suite.

2.3. Modalités pratiques

Le site Educanet (http://www.educanet.ch) offre la possibilité à une classe d'avoir un espace propre et accessible sur le web. Il appartient à l'enseignant de créer cet espace et de gérer les rubriques annexes (pages à remplir par les élèves, agenda des redditions, liste des élèves, forum, votes...).





3. Postproduction


La séquence prend ainsi deux heures de cours par semaine. Quant à savoir pendant combien de semaines on peut poursuivre l'activité, tout cela dépend évidemment du succès rencontré. S'il est mitigé, dépasser le mois sera excessif; sinon, on peut très bien imaginer de bloquer deux heures hebdomadaires pour un atelier écriture l'année entière. Des bifurcations sont aussi envisageables à ce stade: des élèves décidant de retenir un épisode écarté et se lançant dans une version parallèle par exemple....
Lorsque le récit collectif touche à sa fin, cela peut être une bonne idée que de consacrer le travail en imprimant l'ensemble pour chaque élève, dûment mis en page et agrémenté d'illustrations apportées par ceux qui en ont trouvé sur le Net: au terme du parcours, rien ne remplace l'objet papier.