Analyse générale des besoins informatiques du DIP

Informatique pédagogique

 

Introduction

Le présent document (extraits) fait partie de la synthèse de l'état de la situation pour le DIP suite à la demande de la CIE (Commission informatique de l'Etat) à tous les départements en automne 1994.

 

1. Cinq schémas pour situer la problématique générale.

Ce schéma met en évidence deux tendances qui n'échappent à personne:

  • l'évolution des budgets pour la formation et l'éducation (budget 1, hypothèse optimiste; budget 2, hypothèse réaliste; budget 3, hypothèse pessimiste);
  • la formidable augmentation des besoins en matière de formation (initiale et continue).

Les tendances dans les besoins de personneé qualifié donne une indication importante du besoin d'apprentissage effectif en informatique à tous les niveaux:

informaticiens professionnels

1970: 0,5% de la population professionnelle
2000: 4% de la population professionnelle


utilisateurs professionnels des NTIC

1970: 1,5% de la population professionnelle
2000: 20% de la population professionnelle


utilisateurs des outils basés sur les NTIC dans leurs activités professionnelles

1970: 3% de la population professionnelle
2000: 40% de la population professionnelle


professionnels sans qualification NTIC

1970: 95% de la population professionnelle
2000: 36% de la population professionnelle

Pour L'UNESCO, à la lumière de ces indications, il est temps de promouvoir l'introduction de l'étude de l'informatique dans toutes les écoles secondaires de tous les pays (ref. 7).

Evolution des NTIC par rapport à l'éducation (ref.7)

Condition requise

Phase Automation

Phase Information

Phase Communication

En savoir sur...

théorie de l'ordinateur architecture;
processus formel;
histoire de l'informatique et des technologies de l'information

quel outil pour quel genre de tâche?
(Certaines opérations, avec leurs caractéristiques, sont cachées sous l'interface de l'utilisateur; nous sommes en train d'évoluer d'un monde analogique à un monde digital : horloge, téléphone, CD,...).

architecture du réseau

Utiliser...

éditeur de textes, compilateur;
programmation classique;
environnement

interfaces différents (langages);
outils (traitements de textes, tableurs, ...) utilisés d'une façon créative et rationnelle

recherche d'infomration;
travail coopératif et collaboratif

Avec...

algorithmes;
programmation procédurale;
Logo;
robotique

macros (programamtion par "enregsitrement"), programmation dans le traitement de texte ou dans le tableur par exemple

programmation orientée objets

Caractéristiques clé...

pas d'utilisation personnelle;
les tâches doivent être programmées d'avance... ne sont pas gérés par le dialogue

un seul utilisateur;
tâches effectuées pas le dialogue;
utilisation d'outils standard

intégration;
partage des ressources;
fin de l'ordinateur individuel

Buts

1. Préparer pour le futur sans rêver par rapport au présent
2. Détecter et interpréter les caractéristiques qui restent inchangées (invariant)

Ce schéma met en évidence de manière caricaturale la relation entre le pourcentage du taux de chômage et une partie de l'innovation en rapport avec la création de nouveaux services dans la plupart des pays industrialisés. La partie historique montre l'évolution dans les années 70, puis dans les années 80 et au début des années 90. Les trois hypothèses HYP 1 (réaliste), HYP 2 (optimiste), HYP3 (pessimiste) soulignent l'importance d'une action volontariste afin de créer de nouveaux services basés entre autres sur l'emploi des NTCI, sinon... HYP 4.

Cette représentation graphique met en évidence non seulement le cadran bien connu de la formation sous forme présencielle, mais les autres possibilités qui se dessinent petit à petit en intégrant, entre autres, les NTIC. (cf. remarque ci-dessous sur la modernisation des systèmes éducatifs - réformes).

Les principales tendances relatives aux NTIC dans la formation et l'éducation pour les pays industrialisés sont:

 

  • début de la généralisation de l'usage d'équipements portables individuels, mais interconnectés où convergent toutes les pleines possibilités des NTIC (multimédia, télématique, etc.) dans un environnement convivial de communication;
  • passage de la phase 2 (phase information) à la phase 3 (phase communication) [cf. références 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ci-après] (3e schéma ci-dessus);
  • prise de conscience de la mondialisation (globalisation) de la problématique de l'éducation et de la formation et de ses conséquences par rapport aux aspects socio-économiques et culturels [cf. références 3, 4, 5, 6, 7 ci-après];
  • importants efforts pour faire passer les expériences pilotes d'usage des NTIC au stade de l'intégration complète (banalisation) [cf. références 3, 4, 5, 6 ci-après];
  • en parallèle, quelques premières expériences de modernisation des systèmes de formation et d'éducation à l'aide, entre autres, des NTIC et mise en évidence de préoccupations quant aux conséquences secondaires de la généralisation des NTIC ("equity", "technopathes", cultures importées) [cf. références 3, 4, 5, 6 ci-après].

Brèves références

[1] Teleteaching '93, Conférence internationale, août 93 à Trondheim
[2] Colloque CDIP-CH d'Interlaken, avril 94 (thèmes: intégration, usages, tendances)
[3] Conférence de Philadelphie, juin 94 (Exploring a new partnership: children, teachers and technology)
[4] Conférence internationale à Genève, octobre 94 (Accès à la formation à distance, clés pour un développement durable)
[5] Premières synthèses des travaux des programmes européens (cf. TRIBUNE COLLECTION)
[6] Conférence à Barcelone, octobre 94 (Integrating information technology into education)
[7] Curriculum Unesco/IFIP de 1994 (Informatics for secondary education).

A Genève

Les perspectives de la présente synthèse doivent s'inscrire prioritairement dans le contexte général décrit ci-dessus et pas seulement comme des commentaires en relation avec les efforts pour remplir en automne 1994 le questionnaire sur l'analyse des besoins après la décision de repositionnement de l'informatique à l'Etat de Genève.

 

2. Remarques générales sur l'opération analyse des besoins et le questionnaire testé par le DJPT

  1. Il a été souvent dit ou répandu que l'informatique, à l'Etat, était "mauvaise", peu performante, voire coûteuse. En ce qui concerne le DIP, cette représentation mentale est totalement fausse, le DIP ayant des procédures et/ou des structures de concertation exemplaires dans un grand nombre de domaines:

     

    • appel d'offres
    • directives concernant les budgets informatiques (gestion, contrôle)
    • coordination des activités pédagogiques
    • négociations des baisses de prix pour l'entretien
    • achat et informations sur les logiciels
    • formation des utilisateurs
    • etc.

     

  2. Il convient de remarquer que le DIP a toujours respecté les directives de la CIDI, puis de la CIE.
     
  3. Le DIP a collaboré activement, tant avec la CIDI et ses groupes de travail qu'avec la CIE et les nouvelles structures. Il convient de signaler que les ressources humaines du DIP mobilisées par la CIE sont loin d'être négligeables et qu'elles sont des signes tangibles de l'intégration du DIP dans le contexte d'une réflexion globale.
     
  4. Les difficultés budgétaires quant à la gestion du parc informatique (prépondérance des coûts d'exploitation par rapport aux coûts d'investissement) ont été simulées il y a près de cinq ans et les responsables ont été avertis à l'avance des problèmes de renouvellement des équipements pour l'avenir. La solution d'étendre la durée de vie des équipements n'est pas une bonne solution pour de nombreuses raisons et sur plusieurs plans (efficacité, finance, pédagogie, gestion). Il devient urgent de reprendre cette question (cf. problèmes signalés dans les trois ordres d'enseignement). Le DIP conserve actuellement ses équipements informatiques en général 7 ans.
     
  5. Le problème de la maintenance (prix, prestations, services, part Etat, part fournisseurs) a été revu à plusieurs reprises à la baisse et dans le cadre du respect de l'orthodoxie budgétaire, le DIP* atteint un seuil limite. Tout n'est pas infiniment compressible pour garder un sens.
     
  6. L'évolution des différents budgets informatiques pour le DIP, ces dernières années, montre une baisse impressionnante qui témoigne des efforts importants déjà réalisés (ici aussi, attention au seuil de compression sans avoir à l'esprit le contexte général. cf. chapitre 1).
     
  7. La frontière entre pédagogie et gestion n'est pas si facile à déterminer. C'est pourquoi il a été défini trois catégories.

     

    1. Les applications pédagogiques
      (enseignement de l'informatique, usages des nouvelles technologies pour apprendre (population élèves et corps enseignant) pour la recherche pédagogique, pour enseigner (population élèves et formation continue du corps enseignant), etc.).
    2. Les applications scolaires
      (informatique: outil pour la gestion de l'apprentissage et de l'enseignement, par exemple épreuves communes, carnets scolaires, informatisation des bibliothèques, horaires scolaires, etc.).
    3. Les applications de gestion
      (toutes les autres applications, par exemple inventaire du matériel, etc.).

     

  8. Dans le questionnaire, plusieurs rubriques ont fait ressortir la dichotomie par rapport au "personnel informatique" dans l'informatique pédagogique au DIP. Il ne s'agit pas que de personnel administratif et technique, très souvent les postes sont (très) partiels et l'appui est fréquemment et simultanément nécessaire de manière centralisée et locale.
     
  9. L'évolution du réseau cantonal 1 en X.25 (RC 1) vers le RC 2 (fibre optique et lignes rapides) est au centre des préoccupations du DIP par rapport au repositionnement de l'informatique à l'Etat et ce, non seulement par rapport aux réductions du nombre de lignes téléphoniques - passage de 3 à 1 - mais par rapport aux implications sur le fonctionnement du modèle client-fournisseur en liaison avec les vrais consommateurs (les parents et les élèves) et la gestion concrète de services dont la responsabilité est confiée au DIP.

 

Pour les directions générales

Le groupe de coordination
"directions générales - CIP"
R. Morel - 21.11.1994