Mémoires soumis à la Commission des états généraux sur l'éducation au Québec


 
Auteur : Suzanne Allard
Editeur : AQUOPS (Association québécoise des utilisateurs de l'ordinateur au primaire et au secondaire)
ISBN - . - (octobre 1995)

4e de couverture

Le 11 septembre dernier, l'AQUOPS a présenté un mémoire à la Commission des états généraux en éducation. Ce mémoire présente les orientations de l'AQUOPS en ce qui a trait à l'intégration des nouvelles technologies de l'information et des communications en éducation.

Nous profitons donc de la publication de la revue Le Bus (vol. 13, nĄ 1) pour vous soumettre ce mémoire. De plus, d'autres personnes ou regroupements ont récemment élaboré des documents très intéressants sur les NTIC ; nous avons donc pris l'initiative de les inclure dans cet envoi.

Ainsi vous trouverez, en plus du mémoire de l'AQUOPS, le tout dernier document produit par le groupe REPARTIR qui, si vous vous en souvenez, avait, lors de la parution de leur premier document, soulevé énormément d'intérêt et d'enthousiasme dans le milieu.

Ensuite, nous vous présentons le mémoire de la table des responsables en applications pédagogiques de l'ordinateur et des animateurs et animatrices des CEMIS qui se sont associés pour produire un document d'orientations sur l'intégration des NTIC dans les écoles du Québec.

En tout dernier lieu, vous trouverez le texte d'une allocution du directeur général de la CECM (Commission des écoles catholiques de Montréal), M. Yves Archambault, allocution prononcée à l'occasion de la rentrée scolaire. La présentation de ce texte veut souligner l'importance de l'implication des administrateurs dans le dossier des NTIC ; nous pensons même que ce texte suscitera l'envie de plusieurs dans le milieu...

[Le dossier intégral de 30 pages réalisé avec les 4 textes ci-dessous peut-être obtenu via le CPTIC (anc. CIP)]

 

[1er texte]

Mémoire de l'AQUOPS

août 1995

 

L'AQUOPS

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Les principaux objectifs de l'AQUOPS

Quelques réalisations de l'AQUOPS

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Préambule

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L'expertise qu'a développée l'AQUOPS depuis sa création en 1981 l'amène à donner priorité, dans ce mémoire, aux conditions de l'intégration des NTIC dans les domaines suivants : la formation des maîtres, le soutien aux personnes ressources et la recherche et le développement.

Contexte actuel

Avant d'aborder les pistes d'action que nous privilégions pour une intégration réelle des nouvelles technologies de l'information et des communications, nous brosserons succinctement le portrait de la situation actuelle. Il ne s'agit pas d'un portrait exhaustif mais bien de la présentation d'un ensemble de réalités que nous devons considérer afin de bien prendre l'important virage de l'intégration des NTIC dans les écoles québécoises :

Orientations de l'AQUOPS sur l'intégration des NTIC en éducation

Les orientations de base

Une véritable intégration des NTIC dans les classes bouleversera profondément les pratiques éducatives, les activités de formation et les interventions des enseignants. La nouvelle pédagogie requise pour soutenir ce changement exige un mode d'apprentissage individuel et collaboratif. Elle requiert donc, des élèves et des enseignants, l'apprentissage et la maîtrise d'habiletés nouvelles et le réinvestissement d'habiletés déjà intégrées mais actuellement peu exploitées dans le réseau éducatif.
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Les conditions requises pour l'intégration des NTIC en éducation

Nous présenterons maintenant un ensemble de conditions qui doivent être réunies pour assurer le succès de cette intégration. Bien qu'il soit parfois tentant de ne retenir qu'un sous-ensemble de ces conditions, il est indispensable de considérer qu'elles forment une chaîne dont chaque maillon est essentiel. Ces conditions sont :

La formation des intervenants

La formation initiale des maîtres

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La formation continue des enseignants en exercice

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Formation des directions d'écoles et de centres

Les directrices et directeurs d'école ou de centre sont très souvent des personnes clés en ce qui a trait à la promotion d'un projet pédagogique intégrant les NTIC et à motiver le personnel enseignant à y participer. Compte tenu de ce fait, il nous apparaît essentiel de former ces derniers afin de bien les outiller à réaliser ce mandat.

Les personnes ressources et le partenariat

Un virage d'une telle envergure ne peut s'effectuer sans l'aide de personnes ressources de qualité. Il faut donc pouvoir compter, dans le milieu scolaire, sur des personnes ressources capables d'assumer un leadership et de répondre rapidement aux besoins des intervenants. Pendant la période de transition, le nombre de personnes ressources devra donc être très important. Par la suite, un nombre plus restreint de personnes ressources devra poursuivre l'expérimentation de nouveaux environnements de formation et assurer la formation continue des intervenants.
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Les équipements adéquats

Il va de soi que le virage des NTIC ne peut se faire sans un équipement adéquat. Nous proposons donc un scénario comportant quatre phases d'implantation.
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L'autoroute de l'information

L'InfoRoute pose des défis techniques et pédagogiques. Pour relever les défis techniques, il est essentiel de constituer un groupe de travail possédant l'expertise requise pour aider les intervenants dans le choix des technologies, leur installation et également dans les négociations avec les fournisseurs de connectivité.

Pour permettre d'intégrer cette technologie à l'apprentissage, il est opportun d'offrir à tous les enseignants et à tous les élèves non seulement une accessibilité à cette autoroute, mais aussi un éventail de sites pertinents et de qualité.
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L'essentiel du défi demeure cependant pédagogique. Dans un premier temps, les enseignants devront recevoir une formation adéquate sur l'utilisation des outils et sur l'intégration des NTIC dans les activités d'enseignement. Dans un deuxième temps, il faut également prendre en considération le fait que les NTIC amènent un changement dans les modèles d'apprentissage et d'enseignement et qu'une véritable intégration suppose que les maîtres développeront les compétences et les habiletés requises pour réaliser ce changement.
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Enfin, les démarches visant à établir un pont entre l'école, la maison et l'université sont souvent rester vaines. Ces outils de communication offrent de nouvelles possibilités pour atteindre cet important objectif. Les réseaux de communication sont présents dans les universités et, de plus en plus, à la maison. Les obstacles à la mise en place d'un partenariat plus actif sont donc réduits. La collaboration des bibliothèques permettrait aussi de fournir un accès aux milieux défavorisés.

Les contenus de qualité adaptés aux besoins du milieu

En privilégiant des actions mettant l'emphase sur le soutien des personnes ressources et la formation, nous visons avant tout des changements en profondeur des pratiques d'enseignement et d'apprentissage. Toutefois, le développement d'un contenu de qualité et adapté au contexte québécois et à ses programmes de formation est tout aussi important.
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La recherche et le développement

En complément du travail continu d'intégration des NTIC qui doit s'effectuer dans le milieu scolaire, il faut favoriser le maintien et l'éclosion de centres de recherche appliquée susceptibles d'explorer de nouvelles approches pédagogiques ou de nouvelles technologies qui pourront ensuite être diffusées dans les écoles. Pour demeurer à l'avant-garde des changements constants dans ce domaine, nous proposons :

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Recommandations et engagements

A. La formation des maîtres

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B. Les personnes ressources

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C. La recherche et le développement

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[2e texte]

Branchons les décrocheurs

(Mémoire soumis à la Commission des États généraux sur l'éducation)

par le groupe REPARTIR : Michel ARCOUET, Michel AUBƒ, Claude COULOMBE, Renée DESAUTELS, Marcel LABELLE, Jacques LATREILLE, Francis MEYNARD, Bertrand MORIN, Gilbert PAQUETTE, Normand PINET, et Isabelle QUENTIN
août 1995

Présentation du Groupe REPARTIR

Le Groupe REPARTIR a été créé en janvier 1988. Ses membres, issus de différents milieux, ont en commun certaines préoccupations relatives à la pédagogie de l'apprentissage et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication.
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Une école « drop-out »

L'école d'aujourd'hui est parfaitement adaptée à la fin du dix-neuvième siècle mais n'est plus du tout dans la course pour le troisième millénaire.

Toutes ses structures administratives, organisationnelles et pédagogiques sont conçues sur un modèle collectif ou de masse de type industriel, comme cela se faisait dans les usines à la fin du siècle dernier.

De leur côté, les éducateurs doivent, pour être pédagogiquement efficaces, enseigner selon un modèle préceptorat ou préindustriel, fondé sur la relation de personne à personne, des programmes d'études logiquement structurés, divisés en milliers d'objectifs d'ordre notionnel.

Pendant ce temps, les élèves grappillent l'information un peu partout, à l'école, dans la vie, dans les médias, sur un mode postindustriel, celui de l'ère de l'information. Ils apprennent de façon non linéaire, impressionniste, en zappant sur tout ce qui les intéresse, une foule de flashes appartenant à des rationnels multiples. Ils développent des processus mentaux peut-être valables mais difficilement compatibles avec l'apprentissage scolaire.

Au-delà de tous les bobos partout dénoncés, le mal le plus grave dont souffre le système scolaire québécois, et il n'est pas le seul, est donc une inadéquation presque totale à l'évolution socio-économique et au mode d'apprentissage des jeunes de notre temps.
Ce ne sont pas nos écoliers qui sont « drop-outs », ce ne sont pas nos administrateurs dépassés et nos enseignants surmenés qui décrochent, c'est l'école tout entière qui est « drop-out » par rapport aux réalités de notre monde et de notre jeunesse.

Une réforme structurelle

Si réforme il doit y avoir en ce domaine, que ce ne soit pas encore un emplâtre sur des jambes de bois, mais une vraie réorganisation structurelle.

Pas seulement des transferts de pouvoir à partir des commissions scolaires ou du ministère de l'ƒducation comme d'aucuns le voudraient : ce ne serait que le réarrangement des fauteuils sur le pont du Titanic.

Pas non plus l'explosion du système scolaire collectivisé en faveur d'une scolarisation individuelle à la carte, car le tissu social serait déchiré, l'inégalité serait instaurée en principe et les coûts seraient astronomiques.

Nous proposons plutôt une restructuration horizontale impliquant tous les partenaires de l'éducation. Tout en gardant des classes traditionnelles et une administration collective, il est possible de gérer l'individualisation et la personnalisation de l'enseignement et de l'apprentissage pour tenir compte de la diversité des membres des groupes-classes. C'est une réalité avec laquelle l'école doit composer à une époque où l'on rassemble, sur les mêmes bancs, des élèves d'origine linguistique, ethnique, culturelle ou sociale différente, souffrant même de divers handicaps ou dotés de talents diversifiés.
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Et ce système devrait pouvoir s'arrimer à la réalité évolutive du monde du travail, des affaires, de la culture, de la politique, des loisirs - autrement dit, avec toutes les facettes de la société.

Une école branchée

Nous affirmons que cette adaptation est possible dès maintenant, grâce aux interventions adaptées de bons maîtres et à l'utilisation judicieuse des nouvelles technologies de l'information et des communications, c'est-à-dire, en clair, à l'ordinateur muni des extensions nécessaires pour en faire des postes de travail multimédias, connectés à des réseaux internes et externes et dotés de logiciels de gestion et des contenus adéquats.

Toutefois, il ne peut y avoir ni apprentissage ni éducation avec la technologie seule. Il faut des interventions pédagogiques mieux adaptées aux apprenants, leur présenter une vision sociale et des projets de vie proposés en modèles.

Il faut aussi une formation au traitement de l'information. Le fait de zapper ou de surfer sur des autoroutes de l'information n'est pas nécessairement formateur. Il faut rendre les élèves capables d'élaborer un raisonnement, de concevoir un texte, de monter une argumentation serrée, d'analyser un texte, d'apprécier de la bonne littérature, de bien manipuler la langue, de résoudre des problèmes et de raisonner avec rigueur.
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Des systèmes branchés

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Il faut se brancher

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Qu'une campagne d'information fasse comprendre que les NTIC ne sont pas là pour voler les jobs dans le système éducatif ni pour réduire le crâne des apprenants à la taille d'un petit pois, mais que leur rôle est d'aider les administrateurs à bien administrer, les enseignants à bien enseigner et les jeunes à bien apprendre dans une école diversifiée qui doit rester branchée sur le vrai monde des affaires, de la science et de la culture.

Un pays branché

Ce que nous proposons ne veut pas révolutionner l'organisation scolaire. Il s'agit de rendre la pédagogie efficace pour qu'elle atteigne chaque enfant et l'aide à se structurer en fonction de ses talents et de ses appétits. Il s'agit de mettre au service de l'école et de sa mission les moyens modernes qui existent et qui sont là pour ça : des moyens de gestion de la diversité des projets éducatifs.

A l'ère de l'information, nous voulons faire de tous les partenaires de l'éducation des branchés et non pas des analphabètes des autoroutes de l'information.
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Conclusion

A l'heure où le système d'éducation fait l'objet d'un examen public, les technologies de l'information et de la communication sont des éléments essentiels de motivation et de réussite. De plus, l'emploi judicieux des technologies permet de mieux développer les aptitudes qu'exigent le marché du travail et les études supérieures.
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En particulier, il est d'accord pour constater que la pénétration des technologies oblige l'école à reconsidérer sa mission et ses façons de faire. REPARTIR constate aussi le retard de l'école par rapport à la situation du marché du travail. Il reconnaît aussi le nombre insuffisant de places-élèves en particulier dans les programmes étroitement liés aux NTIC. Cependant, il souscrit à l'idée que la préparation des citoyens ne se limite pas à une formation technologique. Cette formation appelle aussi le développement d'aptitudes d'auto-apprentissage. Il insiste sur la nécessité d'une formation de base solide, incluant une bonne maîtrise de la langue dans un contexte de changements technologiques rapides.

Les NTIC sont elles-mêmes en rapide évolution avec la convergence de plusieurs branches d'activités et la démarcation est de plus en plus réduite entre des secteurs tels que les télécommunications, l'électronique grand public, l'édition et l'informatique. Cette convergence offre de meilleurs outils d'apprentissage et des moyens radicaux d'augmenter l'efficacité, la qualité des apprentissages et par conséquent la persévérance scolaire. Les expériences de certaines écoles du Québec et les recherches dans ce domaine nous le confirment. Cependant, la participation des enseignants à cette métamorphose de la classe de l'an 2000 est essentielle. La technologie seule ne suffit pas.
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Branchons les décrocheurs !

Comment peut-on préparer l'avenir de nos jeunes avec une vision du passé ?

 

[3e texte]

Les NTIC à l'école : une nouvelle culture

Michel ARCOUET, Jean CHOUINARD, Réjean PAYETTE
juin 1995

 

Les NTIC à l'école : une nouvelle culture

Les nouvelles technologies de l'information et des communications sont présentes dans l'ensemble des activités humaines. Elles deviennent une science intégrative, car elles amènent de nouvelles façons de représenter et de traiter l'information dans l'ensemble des disciplines. Elles jouent maintenant le même rôle qu'ont joué les mathématiques au cours des derniers siècles.

Les NTIC amènent des changements culturels fondamentaux. Les informations n'ont plus de frontières. Elles sont immédiatement accessibles par un nombre considérable de personnes. La quantité d'informations disponibles est incommensurable. Le problème n'est plus d'y accéder, mais de les sélectionner et de les traiter. Des outils et des paradigmes nouveaux sont nécessaires. Les NTIC sont le nouveau crayon de notre société.

L'appropriation des NTIC par nos jeunes devient donc un enjeu de société. Leur présence à l'école est absolument incontournable.

Voici quelques éléments de réflexion des animateurs de CEMIS sur la place prépondérante que doivent occuper les NTIC dans l'école québécoise.

[suit une trentaine de pistes d'actions]

 

[4e texte]

Préparer l'école de demain

par Yves ARCHAMBAULT
(directeur général de la CECM)

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Au coe;ur du changement, les nouvelles technologies de l'information et de la communication

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L'impact sur le marché du travail

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Une révolution culturelle

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Vers un changement de paradigme

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L'école du 21e siècle

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Pour un nouveau modèle d'éducation

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De nouvelles exigences de formation

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L'intégration des nouvelles technologies, un enjeu important

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Quelques stratégies pour "préparer l'école de demain"

En résumé, la prise en compte des nouvelles technologies de l'information et de la communication à l'école ne se limite pas à l'ajout d'appareils ou de cours. Elle remet en question l'ensemble des pratiques et des modèles éducatifs. J'aurai atteint mon but si, au sortir de cette salle, vous êtes convaincus à la fois de l'importance et de l'urgence de repenser l'école, tant dans sa mission que dans ses façons de faire. Le premier ministre du Québec peut bien faire part de son intention de « brancher » toutes les écoles d'ici trois ans au réseau Internet, il est à peu près certain que la révolution attendue n'aura pas lieu en l'absence d'une vision claire et cohérente des relations qui unissent l'éducation et les nouvelles technologies.

Au plan stratégique, j'estime que le premier geste à poser de la part de chaque gestionnaire consiste à faire preuve de leadership et à développer une communauté de vue au sein de l'équipe de travail qu'il dirige concernant les changements qui s'imposent et le rôle que peuvent jouer les nouvelles technologies dans l'amélioration de la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage. Cette vision viendra enrichir, notamment, le projet éducatif de l'école et du centre, ainsi que les démarches des regroupements et des services. De plus, puisque la vision sans l'action est incomplète, la deuxième stratégie du gestionnaire consistera à préparer, avec l'équipe-école, un plan de développement à la fois global et détaillé, précisant comment, quand et pourquoi il faut agir. Ce plan de développement fera partie du projet d'amélioration de la qualité des apprentissages et d' augmentation de la persévérance scolaire de l'école et du centre. Il aura, comme principal point d'appui, un processus progressif et accéléré de formation des enseignants, portant sur l'intégration des nouvelles technologies en classe. Je m'attends à ce que chaque établissement ait complété l'élaboration de son plan d'ici deux ans.

Je le répète : nous avons peu de temps devant nous. Les deux stratégies énoncées, vision et plan de développement, nous permettront d'être productifs et, surtout, d'être efficaces dans la transformation du réel.
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Je demande aux services éducatifs de remplir les mandats suivants :

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Conclusion

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