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La télévision n'est pas ce qu'elle dit qu'elle est
par Charles Lachat

Informer, cultiver, distraire. C'est ainsi que les chaînes de télévison définissent généralement leur mission auprès du public.

C'est ainsi aussi que les programmes publiés dans les magazines spécialisés procèdent. La grille des programmes se présente sous la forme d'une mosaïque d'émissions repérables et de genres assez faciles à définir.

Qu'en est-il en réalité ?

Un exercice simple consiste à comparer l'enregistrement en continu, sur une cassette, d'une chaîne de télévision et le programme publié par un magazine quelconque sur la période correspondante.

Je me suis livré à cet exercice le mercredi 8 mars 2000 sur la tranche horaire 16 h 50-19 h 50 sur une chaîne du service public, France 2.

Cette analyse [document pdf] fait apparaître par exemple que sur une durée de 3 heures, ce ne sont pas moins de 32 interruptions de programme (je dirais aujourd'hui "émissions intersticielles") qui interviennent dans le flux télévisuel, interrruptions qui ne sont aucunement mentionnées dans les programmes publiés, et ce pour une durée relative d'environ 15%.

Cette petite expérience plaide pour une approche plus objective et plus "scientifique" des programmes de télévision. On peut se demander d'ailleurs si ce n'est pas à travers ce "non-dit" que la télévision d'aujourd'hui manifeste sa vraie nature: un média de type push qui capte autant le spectateur que le spectateur ne capte le programme... On comprendrait alors mieux la réaction du téléspectateur-zappeur: sa stratégie viserait alors à reprendre un certain pouvoir de décision en déployant une stratégie de type pull.

 

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